…toute pensée ; les cœurs demeurèrent donc vides, sans rien en eux. Le diable les trouva déserts et y sema le faux, sous des apparences qu’il leur fit croire (1) être le comble de la noblesse et de l’excellence ; il les leur substitua aux pensées qui sont la matière même du savoir et de la guidée.
Lorsque le cœur se trouve ainsi privé de ces pensées, Satan arrive, découvre l’endroit inoccupé et l’occupe de ce qui convient à l’état de son propriétaire : ne pouvant l’encombrer de pensées basses, il l’occupe du désir de dépouillement, du vide (2) – c’est-à-dire du vide de la volonté sans laquelle le serviteur ne saurait connaître ni droiture ni succès, si elle ne règne pas sur son cœur. Il s’agit de la volonté de réaliser ce qu’Allah veut sur le plan religieux et prescriptif (3), ce qu’Il aime et agrée : occuper son cœur et l’orienter vers la connaissance détaillée de ce vouloir divin, s’y conformer, le mettre à exécution parmi les créatures, rechercher les voies qui y mènent et y parvenir en entrant au contact des gens (4) afin de l’appliquer.
Le démon les a donc fourvoyés (6) en les conviant à abandonner et à suspendre tout cela, sous couvert d’ascèse à l’égard des pensées mondaines et de leurs causes ; il leur a fait croire que leur perfection résidait dans ce dépouillement et ce vide. Loin s’en faut ! (7)
La perfection consiste, au contraire, à remplir le cœur et l’intime de pensées, de volontés et de réflexions tendues vers l’obtention de ce qui satisfait le Seigneur, tant de la part du serviteur que de la part des autres, et à méditer les voies qui y mènent et les moyens d’y parvenir. Les plus accomplis des hommes sont donc ceux dont les pensées et les réflexions sont les plus nombreuses et les plus orientées vers ce but, tout comme les plus déficients sont ceux dont la majorité des pensées, des réflexions et des volontés vise leurs propres intérêts et leurs passions, là où…
أن يطرقها خاطر، فبقيت فارغة لا شيء فيها، فصادفها الشيطان خاليةً، فبذر فيها الباطلَ في قوالب أوهمهم (١) أنّها أعلى الأشياء وأشرفها، وعوّضهم بها عن الخواطر التي هي مادّة العلم والهدى. وإذا خلا القلب عن هذه الخواطر جاء الشيطان فوجد المحلَّ خاليًا، فشغله بما يناسب حال صاحبه، حيث لم يستطع أن يشغله بالخواطر السفلية، فشغله بإرادة التجريد والفراغ (٢) من الإرادة التي لا صلاح للعبد ولا فلاح إلا بأن تكون هي المستولية على قلبه. وهي: إرادةُ مراد الله الديني (٣) الأمري الذي يحبّه ويرضاه، وشَغلُ القلب (٤) واهتمامه بمعرفته على التفصيل به، والقيام به وتنفيذه في الخلق، والطُّرُقِ إلى ذلك، والتوصّلِ إليه بالدخول في الخلق (٥) لتنفيذه. فبَرْطَلَهم (٦) الشيطانُ عن ذلك بأنْ دعاهم إلى تركه وتعطيله، من باب الزهد في خواطر الدنيا وأسبابها، وأوهمهم أنّ كمالهم في ذلك التجريد والفراغ. وهيهات (٧)!
إنّما الكمال في امتلاء القلب والسرّ من الخواطر والإرادات والفِكَر في تحصيل مراضي الربّ تعالى من العبد ومن الناس، والفكر في طرُق ذلك والتوصّل إليه. فأكمل الناس أكثرهم خواطر وفِكَرًا صارادات لذلك، كما أنّ أنقصَ الناس أكثرُهم خواطر وفِكَرًا وإراداتٍ لحظوظه وهواه أين
(١) س: "أوهمها". وفي الحاشية إشارة إلى ما في غيرها.
(٢) من هنا إلى "التجريد والفراغ" الآتي سقط من س لانتقاد النظر.
(٣) "المديني" ساقط من ل.
(٤) ل: "ويشغل القلب".
(٥) "في الخلق" ساقط من ل.
(٦) من برطله: رشاه. انظر أساس البلاغة (برطل).
(٧) وانظر طريق الهجرتين (٣٨٠).