…supporte l’épreuve, rivalise de patience, tient le guet et craint Allah, celui-là aura (1) la meilleure issue dans ce monde et dans l’au-delà (2). Allah a, en effet, prononcé un jugement qui ne sera jamais révoqué : l’issue heureuse appartient à la piété, l’issue heureuse est pour les pieux (3).
Le cœur est une tablette vierge et les pensées les gravures qui s’y impriment ; comment l’homme doué de raison pourrait-il accepter que les motifs de sa tablette soient faits de mensonge, de vanité, de tromperie, d’espérances illusoires et d’un mirage sans consistance ? Quelle sagesse, quel savoir, quelle guidée pourraient se graver aux côtés de pareilles inscriptions (4) ? Vouloir inscrire ces vérités sur la tablette de son cœur reviendrait à coucher un savoir utile sur un support déjà occupé par des écrits sans valeur. Tant qu’il ne vide pas son cœur des pensées néfastes, les pensées bénéfiques ne s’y fixeront pas ; elles ne se fixent que dans un espace libre, comme on l’a dit :
« Son penchant me gagna avant que je ne connaisse l’amour ;
il trouva un cœur vacant et s’y installa (5). »
Pour cette raison, nombre de maîtres du cheminement spirituel ont bâti leur voie (6) sur la garde des pensées : ils veillent à ne laisser pénétrer aucune pensée dans leurs cœurs jusqu’à ce que ceux-ci deviennent vides, aptes à la dévoilation et à la manifestation en eux des réalités célestes (7).
Ceux-là ont certes retenu quelque chose, mais bien des choses leur ont échappé : ils ont vidé les cœurs de…