Un vœu dont mon âme jouit jadis quelque temps… et qu’aujourd’hui je ne tiens plus que pour un amas de songes confus.
Sache que le simple passage d’une pensée n’est pas nuisible ; ce qui nuit, c’est de la solliciter et d’entrer en dialogue avec elle. La pensée passagère ressemble à un passant sur la route : si tu ne l’appelles pas et que tu la laisses aller, elle poursuit son chemin et s’éloigne de toi. Mais si tu l’invites, elle t’envoûte par ses propos, ses ruses et ses tromperies. Elle est la chose la plus légère pour une âme vide et futile, et la plus lourde pour un cœur et une âme nobles, célestes et apaisés.
Allah, exalté soit-Il, a installé dans l’être humain une nafs ammârah (l’âme qui incite au mal) et une nafs muṭmaʾinnah (l’âme apaisée) ; ces deux-là s’opposent. Tout ce qui est aisé pour l’une pèse à l’autre, et tout ce qui délecte l’une fait souffrir l’autre. Rien n’est plus pénible pour l’âme incitatrice que d’œuvrer pour Allah et de préférer Sa satisfaction à ses passions ; pourtant rien ne lui est plus bénéfique. Et rien n’est plus pénible pour l’âme apaisée que d’agir pour autre qu’Allah et de répondre à l’appel du désir ; rien ne lui est plus néfaste.
L’ange se tient aux côtés de l’âme apaisée, à la droite du cœur, tandis que Satan accompagne l’âme incitatrice, à sa gauche. La guerre est permanente : elle ne déposera pas les armes avant que le terme fixé dans ce monde n’expire. Toute forme de fausseté se range derrière Satan et l’âme incitatrice, tandis que toute vérité se range derrière l’ange et l’âme apaisée. Les combats connaissent des hauts et des bas, des avances et des reculs, et la victoire appartient à la patience. Et quiconque…