…le temps qu’il y consacre, au détriment de l’essentiel.
De même, il lui arrive d’être confronté à deux choses qu’il est impossible de concilier ; l’une ne s’obtient qu’en sacrifiant l’autre. C’est là qu’il convient de mettre en œuvre la raison, le discernement et la science. C’est précisément à ce carrefour que s’élèvent ceux qui s’élèvent, que réussissent ceux qui réussissent et que se fourvoient ceux qui se fourvoient. La plupart de ceux que tu vois s’enorgueillir de leur intelligence et de leur savoir préfèrent ce qui est sans importance et qui, de toute façon, ne se perd pas, à ce qui est essentiel et susceptible d’être manqué. Nul n’est totalement à l’abri de cette erreur ; les uns n’y tombent qu’un peu, d’autres beaucoup.
Dans ce domaine, l’arbitrage revient au principe majeur autour duquel gravitent à la fois la Loi révélée et le décret divin, et vers lequel convergent la création et l’ordre : donner la priorité au plus grand et au plus élevé des deux intérêts, même si cela implique de laisser échapper l’intérêt moindre, et accepter la moindre des deux nuisances pour repousser la plus grave. Ainsi l’on renonce à un avantage afin d’en obtenir un plus important, et l’on consent à un tort pour écarter un mal plus considérable. Les pensées fugitives et les réflexions de l’homme raisonnable ne dépassent pas ce principe. C’est sur lui qu’ont été instituées les législations divines, et les intérêts de ce monde comme de l’au-delà ne subsistent que par lui.
Parmi toutes les réflexions, les plus hautes, les plus nobles et les plus bénéfiques sont celles qui sont orientées vers Allah et la Demeure dernière. Or, ce qui est voué à Allah…