Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Tant que le serviteur promène ses yeux et les fait courir
vers le regard des beautés, il reste suspendu au danger.
Sa prunelle se réjouit de ce qui lèse son âme ;
malheur à une joie qui revient chargée de tort.

Parmi les fléaux du regard, il y a qu’il fait naître les regrets, les soupirs et les brûlures : l’homme se met à contempler ce qu’il n’a ni le pouvoir d’obtenir ni la force de supporter. C’est là l’un des châtiments les plus rudes : voir ce dont tu ne peux te détourner, tout en étant incapable d’en atteindre la moindre part.

Le poète a dit :
« Chaque fois que tu laisses ton œil partir en éclaireur
pour ton cœur, les images finissent par t’épuiser ;
tu verras alors ce dont tu n’es pas entièrement capable,
et dont tu ne sauras point te passer, ne fût-ce qu’en partie. »

Ce vers réclame une explication : il entend montrer que tu aperçois ce dont tu ne saurais t’abstenir en rien, tout en étant incapable d’en obtenir quoi que ce soit. En affirmant : « Tu n’es pas capable de l’ensemble », il nie ta capacité sur le tout, négation qui n’est valable que si la capacité est également refusée pour chacune des parties.

= De même dans *Bada’i al-fawa’id* (1212). On trouve également dans cet ouvrage (817) et dans *Rawdat al-muhibbin* (194) : « Elle ravage le cœur de celui qui la porte comme le font les flèches. » (1) F porte : « les yeux des belles femmes », formulation également retenue dans *Rawdat al-muhibbin*. On y trouve aussi : « Tant que l’homme possède un œil qu’il promène. » (2) Ce vers ne figure que dans F. Les quatre vers se trouvent dans *Rawdat al-muhibbin*, dont les deux derniers sont également cités dans *Al-Mudhish* (296). (3) F porte : « Ainsi, le serviteur voit. » (4) L porte : « Tu as prise sur lui » ; cette variante est signalée en marge de S. (5) L’auteur les a cités dans *Bada’i al-fawa’id* (817), *Rawdat al-muhibbin* (343, 194) et *Ighathat al-lahfan* (104). Ces deux vers figurent dans *Hamasat Abi Tammam* sans attribution. Voir le commentaire d’al-Marzouqi (1238).
والعبد ما دام ذا طَرْفٍ يقلّبه … في أعين العِين موقوفٌ على الخطرِ (١) يسرّ مقلتَه ما ضرَّ مهجتَه … لا مرحبًا بسرورٍ عاد بالضررِ (٢) ومن آفات النظر: أنّه يورث الحسرات والزفرات والحرقات، فيرى العبد (٣) ما ليس قادرًا عليه ولا صابرًا عنه. وهذا من أعظم العذاب أن ترى ما لا صبر لك عن بعضه، ولا قدرة لك على بعضه (٤). قال الشاعر: وكنتَ متى أرسلتَ طرفَك رائدًا … لقلبك يومًا أتعبتك المناظرُ رأيتَ الذي لا كلُّه أنت قادرٌ … عليه ولا عن بعضه أنت صابرُ (٥) وهذا البيت يحتاج إلى شرح. ومراده أنك ترى ما لا تصبر عن شيء منه، ولا تقدر على شيء منه. فإنّ قوله: "لا كلّه أنت قادر عليه" نفيٌ لقدرته على الكلّ، التي لا تنتفي إلا بنفي القدرة عن كلّ واحد.
= وكذا في بدائع الفوائد (١٢١٢). وفيه (٨١٧) وفي روضة المحبين (١٩٤): "فتكت في قلب صاحبها فتك السهام". (١) ف: "أعين الغِيد"، وكذا في روضة المحبين. وفيه: "والمرء ما دام ذا عين يقلبها". (٢) هذا البيت انفردت به ف. والأبيات الأربعة في روضة المحبين، والبيتان الأخيران منها في المدهش (٢٩٦). (٣) ف: "فالعبد يرى". (٤) ل: "لك عليه"، وأشير في حاشية س إلى هذه النسخة. (٥) أوردهما المؤلف في بدائع الفوائد (٨١٧)، وروضة المحبين (٣٤٣،١٩٤)، وإغاثة اللهفان (١٠٤). والبيتان في حماسة أبي تمام دون عزو. انظر شرح المرزوقي (١٢٣٨).

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