triomphants, qu’il est au nombre des blâmés et des transgresseurs. Il se voit ainsi privé de la réussite, mérite l’appellation de transgresseur et s’expose au blâme. Or supporter la peine qu’engendre la passion et lutter contre elle demeure plus aisé que tout cela.
Dans le même ordre d’idées, le Très-Haut a blâmé l’être humain, affirmant qu’il a été créé halûʿ (impatient et anxieux), incapable de demeurer ferme tant dans l’aisance que dans l’adversité : lorsqu’un bien le touche, il retient et se montre avare ; lorsqu’un malheur l’atteint, il s’affole, à l’exception de ceux qu’Il excepte ensuite parmi les sauvés de Sa création, parmi lesquels Il mentionne : « … et ceux qui préservent leur chasteté ; sauf vis-à-vis de leurs épouses ou de celles que possède leur main droite, car en cela ils ne sont point blâmés. Mais quiconque recherche au-delà de cela, ceux-là sont les transgresseurs » (sourate al-Maʿârij, 29-31).
Par ailleurs, le Très-Haut a enjoint à Son Prophète – paix et salut sur lui – d’ordonner aux croyants de baisser le regard et de préserver leur chasteté, tout en les avertissant qu’Il observe leurs actes et en a parfaite connaissance : « Il connaît la trahison des regards et ce que cachent les poitrines » (sourate Ghâfir, 19). Étant donné que l’origine du mal réside dans la vue, Il a placé l’injonction de la détourner avant celle de préserver la pudeur ; en effet, les événements naissent d’un regard, de même que la plus grande part du feu provient d’une étincelle insignifiante : d’abord le regard, puis la pensée furtive, puis le pas, puis la faute.
D’où cette maxime : quiconque préserve ces quatre choses met sa religion à l’abri : les regards, les pensées furtives, les paroles et les pas. Le serviteur doit donc se tenir tel un portier à l’entrée de ces quatre portes et demeurer continuellement en faction à leurs issues, car c’est par elles qu’entre