alors le droit d’Allah est levé par le repentir, et le droit de l’héritier s’éteint par l’exécution, la transaction ou le pardon (1). Reste le droit de la victime : Allah le dédommagera, au Jour de la Résurrection, en faveur de Son serviteur repenti et bienfaisant, et Il réconciliera les deux parties, de sorte que le droit de l’un ne soit pas perdu et que le repentir de l’autre ne soit pas annulé.
Quant à la question des biens (2), les avis divergent. Un groupe affirme que, lorsque la somme due est versée à l’héritier, le débiteur est déchargé de toute responsabilité dans l’au-delà, tout comme il l’est dans ce bas-monde (3).
Un autre groupe soutient au contraire que la revendication demeure, au Jour du Jugement, au profit de celui dont il a été spolié ; le paiement à l’héritier n’a pas réparé l’injustice, car, durant toute sa vie, il a été privé de l’usage de son bien et il est mort sans en avoir profité. Il s’agit donc d’une spoliation que lui-même n’a pas réparée, et c’est un tiers qui a tiré avantage de la restitution.
Sur cette base, ils avancent que, si le bien passe successivement entre plusieurs mains et que les héritiers se multiplient, chacun d’eux dispose d’un droit de réclamation, car, à chaque transmission, la dette devait être réglée à l’héritier du moment. Tel est l’avis d’un groupe parmi les disciples de Mâlik et d’Aḥmad.
Notre cheikh (4) a tranché entre les deux positions : si, de son vivant, le défunt avait la possibilité de récupérer son bien et de le réclamer, mais qu’il ne l’a pas fait avant de mourir, la revendication revient alors à l’héritier dans l’au-delà, comme c’est déjà le cas ici-bas. En revanche, s’il n’en avait pas la capacité parce qu’on l’en a empêché par oppression et injustice, c’est à lui-même qu’échoit la revendication le Jour du Jugement.
سقط حقُّ الله بالتوبة، وحقُّ الولي بالاستيفاء أو الصلح أو العفو (١)، وبقي حقّ المقتول يعوّضه الله عنه يوم القيامة عن عبده التائب المحسن، ويصلح بينه وبينه، فلا يذهب حقّ هذا، ولا تبطل توبة هذا.
وأما مسألة المال (٢) فقد اختلف فيها، فقالت طائفة: إذا أدى ما عليه من المال إلى الوارث فقد برئ من عهدته في الآخرة، كما بريء منها (٣) في الدنيا.
وقالت طائفة: بل المطالبةُ لمن ظلمه بأخذه باقيةٌ عليه يوم القيامة، وهو لم يستدرك ظلامته بأخذ وارثه له، فإنّه منعه من انتفاعه به في طول حياته، ومات ولم ينتفع به. وهذا ظلم لم يستدركه هو، وإنما انتفع غيره باستدراكه.
وبنوا على هذا أنه لو انتقل من واحد إلى واحد وتعدّد الورثة كانت المطالبة به للجميع؛ لأنّه حق كان يجب عليه دفعه إلى كل واحد منهم عند كونه هو الوارث. وهذا قول طائفة من أصحاب مالك وأحمد.
وفصل شيخنا بين الطائفتين، فقال: إن تمكن الموروث (٤) من أخذ ماله والمطالبة به فلم يأخذه حتى مات صارت المطالبة به للوارث في الآخرة، كما هي كذلك في الدنيا. وإن لم يتمكن من طلبه وأخذه بل حال بينه وبينه ظلمًا وعدوانًا فالطلب له في الآخرة.
(١) ف: "والصلح والعفو".
(٢) وانظر مدارج السالكين (١/ ٣٩١).
(٣) ل: "تبرأ منه".
(٤) س: "المورث".