Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Or, les innovations qui égarent procèdent d’une ignorance des attributs d’Allah et d’un démenti, par obstination et aveuglement, de ce qu’Il a révélé sur Lui-même et de ce que Son Messager a rapporté de Lui. Dès lors, elles comptent parmi les plus grands péchés majeurs — lorsqu’elles ne tombent pas dans la mécréance — et Iblîs les préfère aux péchés capitaux. L’un des Anciens a en effet déclaré : « L’innovation est plus aimée d’Iblîs que la désobéissance, car on se repent d’une désobéissance, alors qu’on ne se repent pas d’une innovation. » Iblîs a dit : « J’ai fait périr les fils d’Adam par les péchés, mais ils m’ont anéanti par la demande de pardon et par “Il n’y a de dieu qu’Allah”. Lorsque je m’en suis aperçu, j’ai disséminé parmi eux les passions ; ainsi, ils commettent des fautes sans se repentir, persuadés qu’ils accomplissent le bien ! »

Il est établi que le tort provoqué par le pécheur ne retombe que sur sa propre personne, tandis que celui de l’innovateur atteint l’ensemble de la communauté. L’épreuve que suscite l’innovateur touche au fondement même de la religion, alors que celle du pécheur relève de la convoitise charnelle. L’innovateur s’est posté sur la voie droite d’Allah pour en détourner les gens, tandis que le pécheur

(1) S porte : « ce que Son Messager a rapporté de Lui ». Le mot « de Lui » manque dans F. L porte : « de Son Messager », ce qui est une erreur. (2) F porte : « ou par ignorance ». (3) S porte : « et même si ». Il semble toutefois que le « et » ait été ajouté par certains lecteurs. C’est également lui qui a écrit sous le terme « kufr » (mécréance) : « par concession ». (4) Paroles de Sufyan al-Thawri. Rapportées par Ibn al-Ja‘d dans son Musnad (1885), al-Lālākā’i dans Sharh usul al-i‘tiqad (238), Abu Nu‘aym dans al-Hilya (7/26) et al-Bayhaqi dans Shu‘ab al-iman, 16/482 (9009). Sa chaîne de transmission est hasan (bonne). (Z) Voir également Madarij al-salikin (1/322). (5) Rapporté par Abu Ya‘la dans son Musnad (136), Ibn Abi ‘Asim dans al-Sunna (7), al-Hamadhani al-‘Attar dans Fitya wa-jawabuha fi al-i‘tiqad (11), ainsi que par d’autres. Sa chaîne de transmission est faible : elle contient ‘Abd al-Ghafur, délaissé en matière de hadith et accusé d’en fabriquer, ainsi que ‘Uthman ibn Mutayr, lui aussi faible. Al-Haythami a également jugé ce hadith faible dans Majma‘ al-zawa’id (10/207). (Z) Voir également Shifa’ al-‘alil (414).
ولما كانت البدع المضِلّة جهلًا بصفات الله وتكذيبًا بما أخبر به عن نفسه وأخبر به عنه رسوله (١) عنادًا وجهلًا (٢) كانت من أكبر الكبائر -إن (٣) قصرت عن الكفر- وكانت أحبَّ إلى إبليس من كبار الذنوب، كما قال بعض السلف: البدعة أحبُّ إلى إبليس من المعصية؛ لأنّ المعصية يتاب منها، والبدعة لا يتاب منها (٤). وقال إبليس: أهلكتُ بني آدم بالذنوب، وأهلكوني بالاستغفار وبلا إله إلا الله. فلما رأيت ذلك بثثتُ فيهم الأهواءَ، فهم يذنبون، ولا يتوبون؛ لأنّهم يحسبون أنهم يحسنون صُنْعا! (٥) ومعلوم أنّ المذنب إنما ضرره على نفسه، وأما المبتدع فضرره على النوع. وفتنة المبتدع في أصل الدين، وفتنة المذنب في الشهوة. والمبتدع قد قعد للناس على صراط الله المستقيم يصدَّهم عنه، والمذنب
(١) س: "عنه به رسوله". وقد سقط "عنه" من ف. وفي ل: "عن رسوله"، خطأ. (٢) ف: "أو جهلًا". (٣) س: "وإن"، ولكن الظاهر أن الواو زيادة من بعض القرّاء. وهو الذي كتب تحت "الكفر": "بالتنزّل". (٤) من كلام سفيان الثوري. أخرجه ابن الجعد في مسنده (١٨٨٥) واللالكائي في شرح أصول الاعتقاد (٢٣٨) وأبو نعيم في الحلية (٧/ ٢٦) والبيهقي في شعب الإيمان ١٦/ ٤٨٢ (٩٠٠٩). وسنده حسن (ز) وانظر مدارج السالكين (١/ ٣٢٢). (٥) أخرجه أبو يعلى في مسنده (١٣٦) وابن أبي عاصم في السنة (٧) والهمذاني العطار في فتيا وجوابها في الاعتقاد (١١) وغيرهم. وسنده واهٍ، فيه عبد الغفور: متروك الحديث، وكان يضع الحديث. وعثمان بن مطير أيضًا ضعيف. وبه ضعّف الحديث الهيثمي في مجمع الزوائد (١٠/ ٢٠٧). (ز) وانظر شفاء العليل (٤١٤).

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