Et si quelqu’un tient de tels propos en toute connaissance de cause, il s’agit d’une obstination plus odieuse encore que le polythéisme, et d’un péché plus grave aux yeux d’Allah. En effet, le polythéiste qui reconnaît néanmoins les attributs du Seigneur vaut mieux que le négateur qui rejette les attributs de Sa perfection. De même, celui qui admet la souveraineté d’un roi, n’en renie ni le pouvoir ni les qualités qui la justifient, mais lui associe simplement, dans certains domaines, un partenaire censé le rapprocher de lui, reste préférable à celui qui nie carrément les attributs du roi et tout ce qui fait de lui un souverain.
Cette vérité est ancrée dans toutes les natures saines et dans toutes les intelligences. Qu’y a-t-il de comparable entre le fait de dénigrer et de rejeter les attributs de perfection, et celui d’adorer un intermédiaire entre le Vrai Adoré et le serviteur, dans l’espoir de se rapprocher de Lui par la vénération de cet intermédiaire ? Le mal du taʿṭîl (la négation des attributs) est un fléau incurable, sans remède.
C’est pourquoi Allah rapporte que l’imam des négateurs, Pharaon, s’en prit à Moïse lorsque celui-ci affirma que son Seigneur est au-dessus des cieux ; il déclara en effet : « Ô Hâmân, bâtis-moi une tour ; peut-être atteindrai-je les voies, les voies des cieux, et j’accéderai ainsi au Dieu de Moïse ; mais je le pense certes menteur » (sourate Ghâfir, 36-37). L’imam Abû-l-Hasan al-Ashʿarî s’est appuyé sur ce verset dans ses ouvrages pour réfuter les négateurs ; nous avons cité ses paroles intégralement dans un autre écrit.
Parler d’Allah sans science et le polythéisme vont, en définitive, de pair.