tous les péchés, si l’on considère l’audace manifestée envers Allah – qu’Il soit exalté –, la désobéissance à Son ordre et la violation de Ses interdits, constituent des péchés majeurs ; en effet, le simple fait de réfléchir à la grandeur de Celui dont l’ordre a été bravé et dont les limites sacrées ont été transgressées impose de ranger toutes les fautes parmi les grands péchés : sous cet angle, elles sont toutes égales quant au mal qu’elles renferment.
Ils disent encore : ce que confirme cette idée, c’est qu’aucun péché ne nuit à Allah ni ne L’affecte ; aucun, par rapport à Lui, n’est donc plus grave qu’un autre. Il ne reste dès lors que la pure désobéissance et la contravention à Son commandement, et, à ce niveau-là, il n’existe aucune différence d’un péché à l’autre.
Ils ajoutent : la corruption inhérente aux péchés provient uniquement de la persistance dans l’audace et l’effronterie envers le droit du Seigneur, qu’Il soit exalté. Ainsi, si quelqu’un buvait du vin ou commettait un acte charnel illicite tout en ignorant que c’est interdit, il réunirait à la fois l’ignorance et la corruption flagrante qu’implique la consommation de l’illicite. Si, en revanche, l’auteur de cet acte en reconnaissait l’interdiction, il ne cumulerait qu’une seule de ces deux corruptions ; c’est lui, non le premier, qui mériterait le châtiment. On voit donc que la nocivité du péché réside bien dans la persistance de l’audace et de l’effronterie.
Ils poursuivent : tout acte de désobéissance comporte un mépris pour l’ordre et la défense de Celui qui commande, ainsi qu’une atteinte à Sa sacralité ; et, sous cet angle, il n’y a pas de différence entre un péché et un autre.
En conclusion, disent-ils, le serviteur ne doit pas mesurer la faute à sa taille, grande ou petite, mais à la grandeur de Celui qu’il a désobéi et à l’atteinte portée, par cette désobéissance, à Sa sacralité. Sous cet aspect, la situation ne varie pas d’une transgression à l’autre : qu’on se figure en effet un roi puissant et obéi (1). S’il chargeait l’un de ses esclaves d’une mission dans un pays lointain et en envoyait un autre pour une tâche juste à côté du palais, puis que tous deux refusaient d’exécuter l’ordre, ils seraient, dans sa colère et son mépris, logés à la même enseigne.