est un grand péché, tandis que ce qui ne s’accompagne d’aucune de ces menaces est un péché mineur (1).
On a dit également : est considéré comme un grand péché tout acte auquel est attaché, soit dans ce monde, un ḥadd (peine légale), soit dans l’au-delà, une menace expresse ; si aucune de ces deux sanctions n’y est liée, il s’agit d’un péché mineur (2).
Selon un autre avis : relèvent des grands péchés toutes les actions unanimement interdites par les différentes législations révélées, tandis que ce qui n’est prohibé que dans une Loi sans l’être dans une autre rentre dans la catégorie des péchés mineurs.
D’autres ont avancé que tout acte pour lequel Allah ou Son Messager a maudit l’auteur constitue un grand péché.
On a encore soutenu qu’il s’agit de tout ce qui est mentionné (3) depuis le début de la sourate An-Nisâ’ jusqu’à cette parole d’Allah : « Si vous vous gardez des grands péchés qui vous sont interdits, Nous effacerons pour vous vos méfaits » (An-Nisâ’, 31) (4).
Quant à ceux qui ne répartissent pas les fautes en grands et petits péchés (5), ils disent : « Tous les péchés…»
(1) Une opinion similaire est rapportée d’Ibn Abbas et d’al-Hasan al-Basri. Voir : Sharh Sahih Muslim d’al-Nawawi, vol. 2, p. 444.
(2) Ibn Hajar a dit : « Parmi ceux qui ont explicitement retenu cette définition figure l’imam Ahmad, selon ce que rapporte le qadi Abu Ya‘la. Chez les shafiites, on trouve également al-Mawardi, dont voici la formulation : “Le péché majeur est celui pour lequel une peine légale est prescrite ou à l’égard duquel une menace de châtiment a été formulée.” » Al-Fath, vol. 10, p. 410. Cette définition trouve son origine dans ce qui est rapporté d’Ibn Abbas et d’autres au sujet de l’interprétation du terme lamam dans la parole d’Allah : « Ceux qui évitent les péchés majeurs et les turpitudes, à l’exception des fautes légères » (Coran, 53:32). Voir Tafsir al-Tabari, vol. 22, p. 68.
(3) Dans les manuscrits F et L : « Il a été dit : ce qui a été mentionné. » C’est l’opinion d’Ibn Masud, rapportée de lui par Masruq, Alqama et Ibrahim. Tafsir al-Tabari, vol. 8, p. 233. Elle est également attribuée à Ibn Abbas dans Zad al-Masir, vol. 2, p. 66.
(4) Voir également d’autres classifications dans Madarij al-Salikin de l’auteur, vol. 1, p. 321-327.
(5) Parmi ceux qui ont soutenu cette opinion figurent Abu Ishaq al-Isfarayini et Abu Bakr ibn al-Tayyib al-Baqillani. Le qadi Iyad l’a rapportée comme étant celle des spécialistes confirmés ; l’imam al-Haramayn l’a également retenue, en précisant qu’elle ne contredit pas l’opinion de la majorité. Voir Al-Fath, vol. 10, p. 409, ainsi que Madarij al-Salikin.