…qui le coupe d’Allah. Ainsi, ce cœur sain goûte un paradis anticipé en ce bas-monde, un paradis dans le barzakh, et le Paradis le Jour du Retour.
Toutefois, sa salubrité n’est pleinement acquise que s’il est préservé de cinq choses : d’une association qui contredit l’unicité, d’une innovation qui contrevient à la sunna, d’un désir qui transgresse l’ordre divin, d’une insouciance qui contredit le rappel, et d’un caprice qui s’oppose à la pure consécration et à la sincérité. Ces cinq réalités sont autant de voiles dressés entre le serviteur et Allah, et chacune d’elles renferme de multiples catégories et cas innombrables.
Voilà pourquoi le serviteur éprouve un besoin pressant – vital même – de demander à Allah de le guider vers le ṣirâṭ al-mustaqîm (la voie droite). Il n’est pas de requête dont il ait plus besoin, ni rien qui lui soit plus profitable. En effet, la voie droite englobe des connaissances, des intentions, des actes et des renoncements, apparents comme intérieurs, qui se renouvellent à chaque instant. Le serviteur peut en connaître les détails ou les ignorer, et il se peut même que ce qu’il ignore dépasse ce qu’il connaît.
Parmi ce qu’il connaît, il se peut qu’il puisse l’accomplir ou qu’il en soit incapable ; cela fait néanmoins partie de la voie droite, même s’il en est impuissant. Parmi ce qu’il est capable d’accomplir, son âme peut le désirer ou s’en détourner, par paresse, négligence, ou en raison d’un empêchement quelconque. Et de ce qu’elle désire, il peut passer à l’acte, ou ne pas le faire…