…et sa préservation des passions illicites et des ambiguïtés fallacieuses : telle est, en vérité, la félicité authentique. Le plaisir du corps n’a, devant elle, aucune commune mesure. Aussi quelques-uns de ceux qui ont goûté à cette jouissance disaient-ils : « Si les rois et les fils de rois savaient quel état est le nôtre, ils nous le disputeraient l’épée à la main. » (1)
Un autre affirmait : « Il est des instants où mon cœur goûte une telle douceur que je me dis : si les gens du Paradis vivent la même chose, ils jouissent vraiment d’une vie exquise. » (2)
Un troisième déclara : « Il existe, ici-bas, un jardin qui est pour ce monde ce que le Paradis est pour l’au-delà ; celui qui y entre entrera dans ce Paradis-là, et celui qui n’y pénètre pas n’entrera pas dans le Paradis ultime. » (3)
Le Prophète ﷺ a fait allusion à ce jardin en disant : « Lorsque vous passez près des jardins du Paradis, alors paissez-y. » On lui demanda : « Quels sont les jardins du Paradis ? » Il répondit : « Les cercles de rappel (dhikr). » (4)
(1) Propos d’Ibrahim ibn Adham, déjà cités p. 186.
(2) Le terme *innahu* (« certes, il... ») ne figure pas dans l’édition ص. Dans cette même édition et dans ل, on lit *la-tamurra* (« pour que passent »), tandis que ز donne *yamurru* (« il passe »).
(3) L’édition س donne : « dans la félicité et une vie agréable ». Il s’agit d’un propos d’Abu Sulayman al-Maghribi, déjà cité p. 186.
(4) Il a été indiqué précédemment, p. 187, que l’auteur en avait rapporté une formulation similaire du Shaykh al-Islam dans *Madarij al-salikin* et *al-Wabil al-sayyib*.
(5) Rapporté par al-Tirmidhi (3510), Ahmad, 3/150 (12545), Abu Ya'la, 6/155 (3432), Ibn Adi dans *al-Kamil*, 6/136, Ibn Hibban dans *al-Majruhin*, 2/252, Ibn Asakir, 10/386, ainsi que d’autres, par la voie de Muhammad ibn Thabit al-Bunani, de son père, d’Anas.
Al-Tirmidhi a dit : « Il est bon et singulier selon cette chaîne de transmission, d’après Thabit, d’Anas. »
Je dis : Muhammad ibn Thabit est faible, et ce hadith fait partie de ses récits réprouvés. C’est pourquoi al-Bukhari ne retenait pas ce hadith parmi ses récits et disait de lui : « Il rapporte des choses étonnantes. » Ibn Adi et Ibn Hibban ont également classé ce hadith parmi ses récits réprouvés.
Il est aussi rapporté par une autre voie, d’après Anas, mais celle-ci est très faible.
Il est également rapporté d’après Ibn Umar, Jabir et Ibn Abbas, avec des formulations proches ; toutes ces versions sont =