le châtiment providentiel s’en trouve levé ou, à tout le moins, atténué. Il est rare que le Seigneur, exalté soit-Il, cumule pour Son serviteur les deux sortes de peines¹ ; Il ne le fait que lorsque l’une d’elles ne suffit pas à écarter les suites du péché ni à guérir le mal².
Lorsque les sanctions légales sont négligées, elles se muent en sanctions providentielles ; celles-ci peuvent être plus sévères que les premières, ou au contraire moindres, mais elles frappent collectivement, alors que les peines légales ne touchent que les individus. En effet, le Seigneur – glorifié soit Sa majesté – ne punit, selon la Loi, que celui qui a commis la faute ou y a contribué, tandis que le châtiment providentiel peut s’abattre aussi bien sur un groupe que sur une personne isolée : si la désobéissance demeure cachée, elle ne nuit qu’à son auteur ; si elle est rendue publique, elle lèse tant les particuliers que l’ensemble de la communauté. Lorsque les gens voient un acte blâmable et, ensemble, s’abstiennent de le réprouver, il est à craindre qu’Allah ne les englobe tous dans Son châtiment.
Nous avons déjà indiqué qu’Allah, exalté soit-Il, a institué la sanction légale à la mesure du préjudice causé par le péché et de l’attrait qu’il exerce³, et qu’Il l’a limitée à trois formes : la mise à mort, l’amputation et la flagellation. Il a réservé la peine capitale au kufr (mécréance) et à ce qui s’en rapproche immédiatement : le zinâ (fornication) et le liwât (sodomie) ; car la première ruine la religion, tandis que les deux autres corrompent les filiations et l’espèce humaine.
L’imâm Aḥmad a déclaré : « Après le meurtre, je ne connais pas de péché plus grave que la fornication⁴. » Il s’est appuyé sur le hadith rapporté par ʿAbd Allâh ibn Masʿûd, lequel dit : « Ô Messager d’Allah, quel est le péché le plus grave⁵ ? » Il répondit : « Que tu associes à Allah un égal alors que c’est Lui qui t’a créé. » Je dis : « Et ensuite ? » Il répondit : « Que tu tues ton enfant par crainte qu’il ne partage ta nourriture. » Je dis : « Et ensuite ? » Il répondit : « Que tu commettes l’adultère… »