Ainsi, lorsqu’ils oublièrent leur Seigneur – exalté soit-Il –, Il les oublia et leur fit oublier leur propre personne, comme Il dit : « Ils ont oublié Allah, alors Il les a oubliés » (sourate at-Tawba, 67).
Il punit donc celui qui L’a oublié par deux sanctions : la première est qu’Il l’oublie ; la seconde est qu’Il lui fait oublier son âme.
Le fait qu’Allah « oublie » le serviteur signifie qu’Il le délaisse, l’abandonne, Se retire (1) de lui et le laisse se perdre ; la perdition est alors plus proche de lui que sa main ne l’est de sa bouche !
Quant au fait qu’Il lui fasse oublier sa propre personne, cela consiste à lui faire oublier ses parts sublimes, les causes de son bonheur, de sa réussite, de sa droiture et de son accomplissement. Il lui fait tout oublier, ne le lui rappelle pas, ne le garde pas présent à son esprit, ne dirige pas vers cela son énergie pour qu’il le désire ; cela ne traverse même pas son esprit, de sorte qu’il ne le recherche ni ne le préfère (2).
Il lui fait aussi oublier les défauts de son âme, ses carences et ses fléaux, si bien que l’idée de les éliminer et de la corriger ne lui vient jamais à l’esprit (3).
Il lui fait encore oublier les maladies de son âme et de son cœur, ainsi que leurs douleurs ; il ne songe donc ni à les soigner ni à œuvrer pour éliminer les maux qui le conduiront à la corruption et à la ruine. Il est tel un malade grièvement atteint, dont le mal progresse inexorablement vers la mort ; pourtant il ne ressent pas sa maladie et n’envisage aucunement de se soigner. Voilà l’une des plus terribles sanctions, à la fois générales et particulières (4).
Quelle punition pourrait être plus sévère que celle qui frappe celui qui a négligé son âme, l’a perdue et l’a oubliée…