Et pourtant, Allah leur a recommandé de chercher secours contre vous par la patience et la prière. Érigez donc des barrières entre eux et ces deux ressources, faites-leur en perdre le souvenir, et combattez-les à l’aide de la convoitise et de la colère. L’arme la plus pénétrante et la plus dévastatrice dont vous disposiez contre eux est l’insouciance mêlée à la soumission aux passions, tandis que leur arme la plus puissante contre vous, leur forteresse la plus imprenable, est le rappel d’Allah et l’opposition à leurs penchants. Si donc vous voyez un homme qui contredit sa passion, fuyez jusqu’à son ombre (1) et ne vous approchez pas de lui.
En somme, les péchés et les fautes sont une arme et un renfort que le serviteur fournit à ses ennemis, les aidant ainsi à se retourner contre lui ; ils le combattent alors avec son propre arsenal et il se retrouve à leurs côtés contre lui-même. C’est là le summum de l’ignorance :
« Jamais les ennemis n’atteindront chez l’ignorant
ce que l’ignorant s’inflige à lui-même. » (2)
Parmi les choses étonnantes, il y a que le serviteur s’épuise (3) à avilir sa propre âme, tout en prétendant…
= At-Tabarani, 17/167 (n° 443), et Ibn Hibban dans *Al-Majruhin* (*Les narrateurs faibles*), 2/25, par l’intermédiaire d’Abu Wa’il al-Qass, d’après Urwa ibn Muhammad ibn Atiyya, d’après son père, d’après son grand-père, avec une chaîne remontant au Prophète : « La colère vient de Satan, et Satan a été créé de feu ; or le feu ne s’éteint qu’avec l’eau. Ainsi, lorsque l’un de vous se met en colère, qu’il fasse ses ablutions. »
Cette chaîne de transmission est faible : Muhammad ibn Atiyya est un narrateur inconnu. Ibn Hibban a d’ailleurs classé ce ḥadith parmi les récits répréhensibles rapportés par Abu Wa’il al-Qass. Il a dit : « Il rapporte, d’après Urwa ibn Muhammad ibn Atiyya et Abd al-Rahman ibn Yazid al-San‘ani, des récits étonnants qui semblent fabriqués. Il n’est pas permis de s’appuyer sur lui comme preuve. »
(1) Dans l’édition L : « Fuyez-le. »
(2) Dans les éditions L et Z : « que les ennemis atteignent ». Ce vers est de Salih ibn Abd al-Quddus. Voir *At-Tamthil wa-l-muhadara*, p. 77, et *Al-Hamasa al-Basriyya*, n° 874. L’auteur l’a également cité dans *Tariq al-hijratayn*, p. 134, *Al-Madarij*, 1/192, *Bada’i al-fawa’id*, p. 1188, et *Al-Miftah*, 3/38.
(3) Dans l’édition S : « par lui-même. »