…qui combattent pour lui et défendent son domaine, si bien qu’il ne put l’assaillir qu’en soudoyant quelques-uns de ses émirs et de ses soldats. Il s’enquit alors du soldat le plus intime, le plus proche du cœur par le rang. On lui répondit : c’est la *nafs* (l’âme passionnelle). Il dit donc à ses auxiliaires : « Abordez-la par ce qu’elle convoite, observez où se portent ses amours, ce qui la séduit ; promettez-le-lui, faites-le-lui miroiter. Gravez en elle l’image de l’objet désiré, qu’elle soit éveillée ou endormie. Lorsqu’elle y aura trouvé sa quiétude et qu’elle s’y sera apaisée, jetez-lui alors les crocs et les harpons de la *shahwa* (convoitise), puis tirez-la à vous. Quand elle se sera liguée contre le cœur et rangée à vos côtés, vous aurez conquis la brèche de l’œil, de l’oreille, de la langue, de la bouche, de la main et du pied ; tenez-vous en faction à chacune de ces brèches avec la plus stricte *murâbata*. Chaque fois que, par l’une d’elles, vous pénétrez jusqu’au cœur, celui-ci devient un tué, un captif ou un blessé couvert de plaies profondes. Ne désertez donc jamais ces postes ; ne laissez pas un détachement y prendre pied pour gagner le cœur et vous en déloger. Si vous êtes repoussés, efforcez-vous d’affaiblir ce détachement et de le réduire, afin qu’il n’atteigne pas le cœur ; et s’il y parvient, que ce soit si diminué qu’il ne lui soit d’aucun secours. Lorsque vous aurez pris le contrôle de ces brèches, empêchez celle de l’œil de regarder pour méditer ; faites plutôt de son regard un divertissement, une admiration vaine, un passe-temps. S’il parvient à dérober un coup d’œil chargé d’édification, corrompez-le aussitôt par un regard d’insouciance, d’agrément et de *shahwa* : cela lui est plus proche, plus attaché à la *nafs* et plus aisé pour elle. À vous donc la brèche de l’œil : c’est par elle que vous atteindrez votre but. Je n’ai jamais perverti les fils d’Adam par un moyen comparable au regard ; par lui je sème dans le cœur la graine de la *shahwa*, puis je l’arrose de l’eau du fantasme, et je ne cesse de lui faire des promesses, de nourrir ses espérances jusqu’à…
يقاتلون عنه، ويدافعون عن حوزته، فلم يمكنه الهجوم عليه إلا بمخامرة بعض أمرائه وجنده عليه. فسأل عن أخصّ الجند به وأقربهم منه منزلةً، فقيل له: هي النفس، فقال لأعوانه: ادخلوا عليها من مرادها وانظروا مواقع محبتها وما هو محبوبها، فَعِدُوها به، ومَنُّوها إيّاه، وانقشوا صورةَ المحبوب فيها في يقظتها ومنامها، فإذا اطمأنّتْ إليه وسكنتْ عنده فاطرحوا عليها كلاليب الشهوة وخطاطيفها، ثم جُرُّوها بها إليكم. فإذا خامرتْ على القلب، وصارت معكم عليه، ملكتم ثغرَ العين والأذن واللسان والفم واليد والرجل، فرابطوا على هذه الثغور كلّ المرابطة. فمتى (١) دخلتم منها إلى القلب فهو قتيل أو أسير أو جريح مثخَن بالجراحات. ولا تُخلوا هذه الثغور، ولا تمكّنوا سريّة تدخل منها إلى القلب، فتُخرجَكم منها. وإن غُلِبتم فاجتهدوا في إضعاف السريّة ووَهَنِها حتى لا تصل إلى القلب، وإنْ وصلتْ إليه ضعيفةً لا تغني عنه شيئًا. فإذا استوليتم على هذه الثغور فامنعوا ثغرَ العين أن يكون نظرُه اعتبارًا، بل اجعلوا نظره تفرُّجًا واستحسانًا وتلهِّيًا. فإنْ استَرقَ نظرةَ عبرةٍ فأفسِدوها عليه بنظر الغفلة والاستحسان والشهوة (٢)، فإنّه أقرب إليه، وأعلَق بنفسه، وأخفّ عليه. ودونكم ثغَر العين، فإنّ (٣) منه تنالون بغيَتكم، فإنّي ما أفسدتُ بني آدم بشيء مثل النظر، فإنّي أبذر به في القلب بَذْرَ الشهوة، ثم أسقيه بماء الأمنية، ثم لا أزال أعِدُه وأمنّيه حتى
(١) ف: "فإذا". (٢) "وتلهّيًا … الاستحسان" سقط من ف لانتقال النظر، فطمس بعض من قرأها الألف والسلام من "الشهوة" وضبطها بتنوين الفتحة لتكون معطوفة على "تلهّيًا". (٣) ل، ز: "فإنّه".