qu’ils se la recommandent mutuellement, se guident les uns les autres vers elle et s’y encouragent.
Et puisque quiconque n’appartient pas à leur rang est voué à la perte, il est manifeste que les désobéissances et les péchés obscurcissent la clairvoyance du cœur, l’empêchant de discerner la vérité comme il convient, et qu’ils affaiblissent sa force ainsi que sa résolution, de sorte qu’il n’a plus la patience de s’y tenir. Pis encore, ces fautes peuvent se succéder jusqu’à ce que la perception du cœur se trouve inversée – tout comme son chemin – au point qu’il prend le faux pour le vrai, le vrai pour le faux, le bien pour blâmable et le blâmable pour bien.
Il fait alors volte-face, abandonne son voyage vers Allah et la Demeure dernière pour se diriger vers le séjour des âmes falsificatrices qui se sont satisfaites de la vie d’ici-bas, s’y sont installées, ont négligé Allah et Ses signes et cessé de se préparer à Sa rencontre.
Si les péchés n’entraînaient pas d’autre châtiment que celui-ci, cela suffirait amplement à pousser l’homme à les délaisser et à s’en éloigner – et c’est Allah dont on implore l’aide.
De même, l’obéissance illumine le cœur, le purifie, le polit, le fortifie et l’affermit, jusqu’à ce qu’il devienne tel un miroir parfaitement lustré, éclatant de limpidité et rempli de lumière. Lorsque Satan s’en approche, il est frappé par cette lumière comme les écouteurs furtifs le sont par les flammes perçantes. Satan redoute un tel cœur plus que le loup ne craint le lion ; il arrive même que son détenteur terrasse le démon : celui-ci s’effondre, et les diables se rassemblent autour de lui en se demandant : « Qu’a-t-il donc ? » – « Un être humain l’a atteint, et il… »