Qui donc est, par Allah, le véritable insensé ? Est-ce toi, ou bien l’homme lésé dans une transaction, victime d’une duperie dont il finira par s’apercevoir ?
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Parmi les châtiments qu’entraîne le péché, il y a qu’il aveugle le cœur ; et, si l’aveuglement complet ne se produit pas, il en affaiblit à tout le moins la clairvoyance – inévitablement. Il a déjà été expliqué qu’il le fragilise immanquablement. Or, lorsqu’un cœur devient aveugle et faible, il perd, à proportion même de cette déficience, la connaissance de la bonne direction et la force de la mettre en œuvre pour lui-même et pour autrui.
Le parachèvement humain repose en effet sur deux fondements : discerner la vérité de l’erreur, puis préférer la vérité à l’erreur. Les rangs que les créatures occupent auprès d’Allah, ici-bas et dans l’au-delà, ne diffèrent que selon la mesure où elles excellent dans ces deux domaines.
Ce sont précisément ces deux qualités qu’Allah – exalté soit-Il – a louées chez Ses prophètes lorsqu’Il dit : « Et rappelle-toi Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, hommes de vigueur et de clairvoyance » (Sourate Ṣâd, v. 45). La « vigueur » – les mains – renvoie à la force qui permet d’appliquer la vérité ; la « clairvoyance » – les yeux – désigne la lucidité dans la religion. Il les a donc décrits comme réunissant la pleine perception de la vérité et la pleine capacité de l’exécuter.
Les hommes, sous ce rapport, se répartissent en quatre catégories ; la première regroupe les plus nobles créatures et les plus honorées auprès d’Allah.
La deuxième catégorie, à l’inverse, ne possède ni discernement dans la religion ni force pour mettre la vérité à exécution. Elle englobe la majorité des gens, dont la simple vue est une poussière pour les yeux et une fièvre…