« Allah s’est réservé la fidélité et la louange,
et Il a laissé à l’homme le blâme (1). »
Ainsi, toute faveur qui lui parvient de la part d’Allah, il la juge trop grande pour lui-même ; il se considère en-dessous d’elle et ne se tient pas pour digne de la recevoir. Quant à toute épreuve ou calamité qui l’atteint, il se voit digne d’un châtiment bien plus sévère (2) ; il estime que son Maître l’a traité avec bienveillance en ne le punissant ni à la mesure exacte de son crime, ni à la moitié, ni même au moindre de ses fragments. Car la sanction qu’il mérite réellement ne saurait être portée par les montagnes les plus solides, à plus forte raison par ce serviteur faible et impuissant.
En vérité, fut-ce un péché minime, opposer une telle offense au Sublime – nul n’est plus grand que Lui –, au Très-Haut – nul n’est plus élevé que Lui –, au Généreux – nul n’est plus noble ni plus beau que Lui –, à Celui qui dispense tous les bienfaits, infimes ou immenses, figure parmi les actes les plus hideux, les plus monstrueux et les plus répugnants. Déjà, lorsque l’on traite ainsi les notables, les illustres et les dignitaires des hommes, chacun, croyant ou mécréant, trouve cela abominable (3). Le plus vil des hommes, le plus dépourvu de noblesse, est celui qui leur rend le mal pour le bien ; que dire alors du Magnifique des cieux et de la terre, du Roi des cieux et de la terre, du Dieu des habitants des cieux et de la terre (4) ?
Et n’eût été que Sa miséricorde l’emporte sur Sa colère, que Son pardon précède Son châtiment, et que… (5)