…puis reprend son ascension, tandis que celui qui n’est pas descendu s’élève au-dessus de lui, inévitablement.
Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya a tranché entre les deux positions d’un jugement reconnu comme juste, disant : « Après examen, il apparaît que, parmi ceux qui se repentent, certains retrouvent un rang supérieur au leur, d’autres retrouvent exactement leur rang (1), et d’autres enfin ne parviennent pas à le reconquérir (2). »
J’ajoute : tout cela dépend de la vigueur et de la perfection de la tawba, ainsi que de ce que la désobéissance a fait naître chez le serviteur en termes d’humiliation, de soumission, d’inâba sincère, de vigilance, de crainte d’Allah et de larmes versées par crainte de Lui. Ces dispositions peuvent atteindre une telle force que le pénitent remonte à un rang plus élevé que le sien, devenant, après son repentir, meilleur qu’il ne l’était avant la faute. Pour lui, la faute se transforme alors en miséricorde : elle l’a débarrassé du fléau de la vanité, l’a délivré de la confiance (3) qu’il plaçait en lui-même et dans ses œuvres, et a posé sa joue – marquée par la détresse, l’humilité et la brisure – sur le seuil de la porte de son Maître et Souverain. Elle lui a montré sa propre valeur, lui a fait voir sa pauvreté et son besoin pressant de la préservation de son Seigneur, de Sa grâce et de Son pardon ; elle a extirpé de son cœur l’arrogance née de l’obéissance, a brisé son orgueil (4) pour qu’il ne s’en glorifie pas, ne s’en enorgueillisse pas et ne se croie pas, grâce à elle, meilleur que les autres. Elle l’a placé devant son Seigneur dans la posture des pécheurs fautifs : tête baissée, plein de pudeur, de crainte et d’appréhension, minimisant la valeur de son obéissance, jugeant immense sa désobéissance. Il s’est reconnu (5) déficient et blâmable, tandis qu’il reconnaît son Seigneur comme l’Unique détenteur de la perfection, de la louange et de la fidélité, comme il a été dit :