Et il en est dont la chute les fait tomber dans un péché, qu’il s’agisse d’une faute mineure ou majeure ; pour retrouver leur degré, ceux-là ont besoin d’une tawba nasûḥ (repentance sincère) et d’une inâba véridique.
Les avis divergent ensuite : après cette tawba, le serviteur regagne-t-il la station qu’il occupait – parce que la tawba efface la trace du péché et en annule l’existence même, comme s’il n’avait jamais eu lieu – ou bien ne la recouvre-t-il pas, la tawba n’ayant pour effet que de faire tomber la sanction, tandis que le degré perdu demeure hors d’atteinte ?
Ils expliquent la question ainsi : tant qu’il se tenait dans l’obéissance, le temps qu’il a finalement employé à désobéir l’aurait préparé à une ascension supplémentaire. Son élévation, fruit de l’ensemble de ses œuvres passées, ressemble au profit qu’un marchand réalise chaque jour à proportion de tout le capital qu’il possède ; plus le capital augmente, plus le bénéfice croît. Or, durant la période du péché, il a manqué cette élévation et ce gain attachés à la totalité de ses actes antérieurs. Lorsqu’il reprend l’action, il recommence à gravir, mais à partir d’un point de chute ; auparavant, il montait déjà à partir d’un élan ascendant. L’écart entre les deux situations est immense.
Ils l’illustrent par l’image de deux hommes grimpant chacun une échelle sans fin et se trouvant au même niveau ; l’un d’eux descend, ne serait-ce que d’un seul barreau, puis reprend son ascension.