de Shihâb al-Dîn al-Halabî, que l’auteur cite par ailleurs — comme on l’a rappelé — et qu’il présente comme « l’auteur de Manâzil al-aḥbâb » ; il est donc plausible qu’il ait emprunté ces récits à cet ouvrage, mais divers indices laissent aussi penser qu’ils proviennent d’al-Wâḍiḥ al-mubîn de Mughalṭây.
De même, à la page 531, l’auteur rapporte d’Ibn Ḥazm une parole figurant dans Ṭawq al-ḥamâma ; or, la formulation que l’on lit chez Ibn al-Qayyim montre qu’elle a en réalité été puisée dans al-Wâḍiḥ al-mubîn.
— Certains ont forgé une « fatwa sur l’ʿishq » (l’amour passionnel) qu’ils ont attribuée à Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya. L’imâm Ibn al-Qayyim a démontré, dans Rawḍat al-muḥibbîn (p. 233), qu’elle est apocryphe. C’est pourtant dans ce faux avis juridique qu’il a puisé plusieurs propos sur les bienfaits de l’ʿishq (pp. 511-558) qu’il cite dans le chapitre où il réfute ceux qui se prévalent des prétendus avantages de cette passion. Il n’y a là rien de blâmable, car de telles sentences circulent couramment dans la littérature. En revanche, juste avant ce chapitre (p. 506), il a transcrit un passage fort utile émanant de l’auteur même de ladite fatwa à propos de la conduite à tenir pour celui que l’amour des apparences a éprouvé ; il eût été souhaitable qu’il l’attribuât au moins à « quelqu’un » !
Quatrièmement, l’auteur cite son maître à plusieurs reprises en le nommant explicitement (pp. 73, 97, 208, 335, 383, 472). À deux autres endroits, il rapporte encore l’une de ses paroles, mais en la précédant de la formule : « Et un autre dit », parmi les propos des gnostiques sur les délices qu’ils goûtent dans leur intimité avec leur Seigneur, la quiétude que leur procure son rappel et le réconfort qu’ils trouvent dans son amour ; il écrit alors : « Et un autre dit : “Il est, en ce bas-monde, un paradis ; quiconque ne l’atteint pas n’atteindra pas le paradis de l’au-delà.” » (p. 187).