De même que la brebis dépourvue de gardien, livrée aux loups, périt promptement, de même le serviteur qui ne bénéficie pas d’une garde divine verra inéluctablement son loup – le diable – le terrasser.
Or le serviteur ne jouit d’une sauvegarde d’Allah que par la taqwâ (la crainte révérencielle) : elle est pour lui un rempart, un bouclier solide, interposé entre lui et son loup, tout comme elle le protège du châtiment d’ici-bas et de l’au-delà. Plus la brebis demeure proche du berger, plus elle est à l’abri du loup ; plus elle s’éloigne du berger, plus elle s’expose à la perdition. C’est au comble de la sécurité qu’elle se trouve lorsqu’elle tient compagnie au berger, car le loup ne s’empare que de la brebis isolée, la plus éloignée du pasteur.
Il en va de même pour le cœur : plus il s’éloigne d’Allah, plus promptement les fléaux l’atteignent ; plus il se rapproche d’Allah, plus ces fléaux se tiennent à distance.
Or l’éloignement d’Allah comporte des degrés, dont certains sont plus graves que d’autres. Ainsi, la simple insouciance éloigne déjà le serviteur…