Et l’imam Mâlik dit un jour à ach-Shâfiʿî, lorsqu’il le rencontra et distingua chez lui ces signes prometteurs : « Je vois qu’Allah a fait descendre une lumière dans ton cœur ; ne l’éteins donc pas par les ténèbres du péché. »
Cette lumière ne cesse alors de s’affaiblir et de s’effacer, tandis que l’obscurité de la désobéissance s’intensifie, jusqu’à ce que le cœur devienne semblable à une nuit d’encre. Que de précipices le guettent, dans lesquels il tombe sans les voir, tel un aveugle sorti dans la nuit sur un chemin semé d’embûches et de pièges ! Ô rareté du salut, et rapidité de la perte !
Puis ces ténèbres se renforcent encore et débordent du cœur vers les membres ; le visage s’en voit couvert d’une noirceur proportionnelle à leur force et à leur progression. À l’agonie, elles se manifestent dans le barzakh ; la tombe se remplit alors d’obscurité, conformément à la parole du Prophète : « Ces tombes sont remplies de ténèbres pour ceux qui y reposent, et Allah les illumine grâce à ma prière en leur faveur. »
Lorsque viendra le Jour du retour et du rassemblement des corps, cette marque apparaîtra de façon évidente sur les visages, visibles de tous, jusqu’à ce qu’ils deviennent noirs comme un tison. Quelle sanction ! Aucun plaisir de ce bas-monde, du premier au dernier, ne saurait lui être comparé. Que dire, alors, de la maigre part, déjà troublée et harassante, qu’un serviteur s’y ménage, durant un laps de temps qui n’est en vérité qu’une heure d’un rêve ! Qu’Allah nous vienne en aide.