Quelle commune mesure y a-t-il, en effet, entre cela et la félicité de celui dont le cœur danse de liesse et d’allégresse, se sentant en intime familiarité avec son Seigneur, brûlant de désir pour Lui, trouvant dans Son amour son plus grand réconfort et dans Son dhikr (Son rappel) une parfaite quiétude, au point que certains, à l’instant même de l’agonie, s’écrient : « Ô quelle jubilation ! » (1)
Un autre dit : « Si les habitants du Paradis connaissent un état semblable (2), certes ils vivent dans une vie exquise (3) ! »
Un troisième s’exclame : « Pauvres gens de ce monde ! Ils l’ont quitté sans avoir goûté la douceur de la vraie vie, sans avoir savouré ce qu’il recelait de meilleur ! » (4)
Et un quatrième ajoute (5) : « Si les rois et les fils de rois savaient ce que nous éprouvons… »
(1) Une formulation similaire est rapportée de Bilal ibn Sa‘d. Au moment de sa mort, il dit : « Demain, nous retrouverons les bien-aimés : Muhammad et ses compagnons. » Sa femme s’écria alors : « Quel malheur ! », tandis qu’il répondit : « Quelle joie ! » Rapporté par Ibn Abi al-Dunya dans al-Muhtadarin (p. 294).
(2) Dans les éditions fa et lam : « dans cet état ».
(3) L’auteur le mentionne dans al-Madarij (1/454 ; 2/67 ; 9/259), Ighathat al-Lahfan (p. 932), al-Wabil al-Sayyib (p. 111), al-Miftah (1/184), al-Rawda (p. 271) et dans sa Lettre à l’un de ses frères (p. 34). Ibn al-Jawzi en rapporte une formulation similaire, attribuée à Abu Sulayman al-Maghribi, dans Sifat al-Safwa (2/369).
(4) L’auteur le mentionne dans al-Madarij (1/454), Ighathat al-Lahfan (p. 932), al-Wabil al-Sayyib (p. 115), al-Rawda (p. 271) et dans sa lettre déjà citée (p. 34). Abu Nu‘aym le rapporte d’après Ibn al-Mubarak dans Hilyat al-Awliya (8/177), avec le complément suivant : « On lui demanda : “Quelle est la chose la plus délectable qu’elle contient ?” Il répondit : “La connaissance d’Allah, exalté soit-Il.” » Al-Madarij et d’autres ouvrages comportent un ajout (sad). Abu Nu‘aym le rapporte également d’après Malik ibn Dinar dans Hilyat al-Awliya (2/358), de même qu’Ibn ‘Asakir dans son Histoire (56/421 et 427) (zay).
(5) Dans l’édition fa : « un autre ». Il s’agit d’Ibrahim ibn Adham, dans Hilyat al-Awliya (7/429). Voir également al-Miftah (1/183), al-Wabil al-Sayyib (p. 110) et Ighathat al-Lahfan (p. 932) (sad). Abu Nu‘aym le rapporte également par =