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Parmi les châtiments qu’entraînent les péchés figure le fait qu’ils détournent le cœur de sa santé et de sa rectitude pour le plonger dans la maladie et la déviation ; il demeure alors continuellement souffrant, incapable de tirer profit des nourritures spirituelles qui assurent sa vie et sa réforme. L’effet du péché sur le cœur ressemble à celui de la maladie sur le corps ; en vérité, les péchés sont les maladies mêmes du cœur, et nul remède ne leur convient si ce n’est de les abandonner.
Tous ceux qui cheminent vers Allah sont unanimes : les cœurs n’obtiennent pas ce qu’ils désirent tant qu’ils n’ont pas atteint leur Maître ; ils ne L’atteignent que lorsqu’ils sont sains et saufs ; et ils ne parviennent à cette santé que lorsque leur mal se mue en son propre remède. Or cela n’est possible qu’en s’opposant à leur passion : la passion est leur maladie et leur guérison consiste à la contrecarrer. Si le mal s’enracine, il finit par tuer ou peu s’en faut.
De même que celui qui a empêché son âme de suivre ses passions aura pour demeure le Paradis, de même son cœur, dans ce monde-ci, goûte à un paradis anticipé qu’aucune autre félicité n’égale ; l’écart entre ces deux délices est comparable à celui qui sépare les jouissances d’ici-bas de celles de l’au-delà. Nul ne peut en attester si son cœur n’a pas goûté l’un et l’autre.
Ne t’imagine donc pas que la parole du Très-Haut : « Les justes, certes, sont dans un ravissement (13), et les libertins, certes, sont dans un brasier (14) » (sourate al-Infitar, 13-14) se limite aux délices et aux tourments de l’au-delà ; dans leurs trois demeures ils sont ainsi : la demeure d’ici-bas, la demeure du barzakh, et la demeure…