…Sa crainte, et Il a précisé qu’Il châtie celui qui délaisse cette crainte en le faisant oublier sa propre personne : Il lui fait oublier ce qui sert ses intérêts, ce qui peut la sauver de Son châtiment, ce qui lui assure la vie éternelle ainsi que la plénitude de la délectation(1), de la joie et du bonheur. Il lui fait tout cela oublier, en rétribution de l’oubli dans lequel il a relégué la grandeur d’Allah, la crainte révérencielle qu’il Lui devait et l’accomplissement de Ses ordres.
Ainsi vois-tu le pécheur : il néglige le bien de son âme et le gaspille ; Allah a rendu son cœur insoucieux de Son rappel, il suit ses passions et son affaire part à la dérive. Les intérêts de sa vie d’ici-bas comme de l’au-delà se sont défaits, il a compromis son bonheur éternel et l’a troqué contre l’un des plus vils plaisirs, qui n’est qu’un nuage d’été(2) ou une image fugace !
Des rêves de sommeil, ou l’ombre qui s’efface…
Jamais l’homme avisé ne se laisse tromper par de telles choses(3).
Le plus terrible des châtiments est donc que le serviteur s’oublie lui-même, qu’il néglige son âme, qu’il lui fasse perdre la part et le lot qu’elle a auprès d’Allah, et qu’il la vende, dans la perte et l’humiliation, pour le plus vil des prix(4).
Il a ainsi laissé perdre Celui dont il ne peut se passer et pour Qui il n’existe point de remplaçant, et il L’a échangé contre ce dont il peut parfaitement se passer et qu’il pourra toujours remplacer.
« Pour toute chose que tu perds se trouve un dédommagement,
mais d’Allah, si tu Le perds, il n’est point de dédommagement »(5).