Peut-être, parfois, le présomptueux se berce-t-il d’illusions et dit : « Si je commets des péchés, c’est uniquement que j’entretiens une belle espérance et que je convoite Son pardon ; ce n’est pas parce que Sa grandeur s’est affaiblie dans mon cœur. »
C’est là une ruse de l’âme ; car la grandeur et la majesté d’Allah, lorsqu’elles habitent véritablement le cœur du serviteur, et le respect qu’il voue à Ses interdits, dressent un rempart entre lui et le péché. Ceux qui osent braver Ses commandements ne L’ont pas estimé à Sa juste mesure. Comment celui à qui l’ordre et l’interdiction d’Allah pèsent si peu pourrait-il Le considérer comme Il le mérite, L’exalter, Le magnifier, attendre Sa bienveillance et Le révérer ? C’est là l’impossible même, l’erreur la plus manifeste !
Il suffit, comme sanction pour le pécheur, que s’effacent de son cœur la vénération d’Allah — exalté soit-Il — ainsi que le respect de Ses choses sacrées, au point que Son droit lui paraisse anodin. Parmi les châtiments qui en découlent, figure le fait qu’Allah retire la crainte révérencielle qu’inspiraient les créatures : il devient insignifiant à leurs yeux et elles le prennent à la légère, tout comme il a pris à la légère le commandement divin et l’a méprisé. Ainsi, à la mesure de l’amour qu’un serviteur porte à Allah, les gens l’aimeront ; à la mesure de la crainte qu’il nourrit d’Allah, les gens le craindront ; et à la mesure de la vénération qu’il voue à Allah et à Ses limites sacrées, les gens respecteront ses propres limites.
Comment un serviteur peut-il violer les sanctuaires d’Allah tout en espérant que les gens n’en violeront pas les siens ? Comment peut-il tenir pour négligeable le droit d’Allah, sans qu’Allah, à son tour, ne le rende négligeable aux yeux des hommes ? Ou comment pourrait-il…
وربما اغترّ المغترّ وقال: إنما يحملني على المعاصى حسنُ الرَّجاء وطمعي في عفوه، لا ضعف عظمته في قلبي.
وهذا من مغالطة النفس، فإنّ عظمةَ الله وجلالَه في قلب العبد وتعظيمَ حرماته تحول بينه وبيّن الذنوب. فالمتجرّئون (١) على معاصيه ما قدروه (٢) حقّ قدره، وكيف يقدره حقَّ قدره أو يعظِّمه ويكبّره ويرجو وقاره ويُجلّه من يهون عليه أمرُه ونهيُه؟ هذا من أمحل المحال (٣)، وأبين الباطل!
وكفى بالعاصي عقوبةً أن يضمحلَّ من قلبه تعظيمُ الله (جل جلاله)، وتعظيمُ حرماته، ويهونَ عليه حقّه. ومن بعض عقوبة هذا: أن يرفع الله – Exalté soit-Il – مهابتَه من قلوب الخلق، ويهون عليهم، ويستخفّون به، كما هان عليه أمره، واستخفّ به. فعلى قدر محبة العبد لله (٤) يحبّه الناس.
وعلى قدر خوفه من الله يخافه الناس (٥)، وعلى قدر تعظيمه لله (٦) وحرماتِه يعظّم الناس (٧) حرماته.
وكيف ينتهك عبدٌ حرماتِ الله، ويطمع أن لا ينتهك الناسُ حرماته؟ أم كيف يهون عليه حقُّ الله، ولا يهوّنه الله على الناس؟ أم كيف يستخفّ
(١) ف: "والمتجرئون".
(٢) ف: "ما قدروا الله".
(٣) الميم في "المحال" زائدة، فصياغة "أمحل" منه مبنية على التوهم وقد وردت في غير مثل. انظر مجمع الأمثال (٣/ ٣٥٧ - ٣٥٩). وقد تكرر "أمحل المحال" في كتب المؤلف، انظر مثلًا زاد المعاد (١/ ٣٦، ٢٠٧، ٢٧٢)، (٢/ ١٩٢).
(٤) ف: "الله".
(٥) س، ل: "الخلق". ل، ز: تخافه.
(٦) ف: "تعظيمه الله".
(٧) ف، ز: "تعظم".