c’est qu’ils se sont complètement dépouillés de toute pudeur. Et lorsque le serviteur en vient à pareille extrémité, il ne subsiste plus aucun espoir de le voir se réformer, comme on l’a dit :
Si Iblîs contemplait l’éclat de son visage,
Il le saluerait en disant : « Puissé-je racheter celui qui ne prospérera jamais. »
La pudeur (ḥayāʾ) découle étymologiquement de la vie (ḥayāt). De même qu’on qualifie la pluie bienfaisante de « ḥayy », parce qu’elle rend la vie à la terre, aux plantes et aux bêtes, de même la pudeur fait vivre la vie d’ici-bas et celle de l’Au-delà ; qui en est dépourvu est mort en ce monde et misérable dans l’autre.
Péchés, manque de pudeur et absence de jalousie vertueuse (*ghayra*) se tiennent mutuellement ; chacun appelle l’autre avec insistance. Celui qui rougit devant Allah au moment de désobéir verra Allah retenir Son châtiment le jour où il Le rencontrera ; mais celui qui n’éprouve aucune honte dans sa désobéissance ne trouvera pas Allah hésitant à le punir.
Section
Parmi les sanctions des péchés, il y a qu’ils affaiblissent dans le cœur la vénération du Seigneur et diminuent Sa majesté dans l’âme du serviteur, inéluctablement, qu’il le veuille ou non. Si la révérence et la grandeur d’Allah s’installaient vraiment dans le cœur du serviteur, jamais celui-ci n’oserait franchir les limites de Sa désobéissance.
على ذلك انسلاخه من الحياء. وإذا وصل العبد إلى هذه الحال (١) لم يبق في صلاحه (٢) مطمع، كما قيل (٣):
وإذا رأى إبليسُ طلعةَ وجهه … حَيَّا، وقال: فديتُ مَن لا يفلحُ (٤)
والحياء مشتقّ من الحياة، والغيث يسمَّى (٥) "حيًا" بالقصر لأنّ به حياةَ الأرض والنبات والدوابّ، وكذلك (٦) بالحياء حياةُ الدنيا والآخرة، فمن لا حياء فيه ميِّتٌ في الدنيا شقيٌّ في الآخرة.
وبيّن الذنوب وبيّن قلّة الحياء وعدم الغيرة تلازم من الطرفين، وكلّ منهما يستدعي الآخر، ويطلبه حثيثًا. ومن استحيا من الله عند معصيته استحيا الله من عقوبته يوم يلقاه، ومن لم يستحْيِ من معصيته لم يستحيِ من عقوبته (٧).
فصل
ومن عقوبات الذنوب: أنّها تُضْعِف في القلب تعظيمَ الربّ (جل جلاله)، وتُضْعِف وقارَه في قلب العبد، ولابدّ، شاء أم أبى. ولو تمكّن وقارُ الله وعظمتُه في قلب العبد لما تجرّأ على معاصيه.
(١) س: "الحالة".
(٢) ل: "إصلاحه".
(٣) "كما قيل" انفردت به ف. والبيت للبحتري في ديوانه (١/ ٤٨٢).
(٤) "لا يفلح" كذا ورد في جميع النسخ، والصواب في الرواية: "لم يفلحِ" لأن رويّ الأبيات مكسور.
(٥) ف: "سمّي".
(٦) زيد في ط هنا "سميت"، وهو خطأ أدّى إليه تصحيف "بالحياء" إلى "بالحياة".
(٧) س: "ومن لم يستحي الله تعالى … ". ل: " … لم يستحي الله من عقوبته".