Nous y pénétrâmes, et des hommes vinrent à notre rencontre ; la moitié de leur personne était d’une beauté incomparable, tandis que l’autre moitié était d’une laideur extrême. On leur dit : « Allez, jetez-vous dans ce fleuve. » Un cours d’eau coupait le chemin, dont l’eau, d’un blanc pur, s’écoulait avec limpidité. Ils s’y précipitèrent, puis revinrent vers nous : toute trace de leur laideur avait disparu.
On me dit alors : « Voici Jannat ʿAdn (le Jardin d’Adn), et voilà ta demeure. » Je levai les yeux et aperçus, plus haut, un palais semblable à un nuage blanc. On ajouta : « Cette demeure est la tienne. » Je répondis : « Qu’Allah vous bénisse ! Laissez-moi y entrer. » Ils dirent : « Pas maintenant ; mais tu y entreras assurément. »
Je repris : « Cette nuit, j’ai vu des choses prodigieuses ; que signifient-elles ? » Ils répondirent : « Nous allons te l’expliquer. Quant au premier homme que tu as vu, dont la tête était fracassée par une pierre, c’est celui à qui le Coran a été confié, puis qui le rejette et néglige la prière obligatoire. Quant à celui dont la commissure des lèvres, le nez et l’œil étaient fendus jusqu’à la nuque, c’est l’homme qui, sortant de chez lui chaque matin, profère un mensonge qui se propage aux confins de l’horizon. Quant aux hommes et aux femmes nus que tu as vus dans une construction pareille à un four, ce sont les fornicateurs et les fornicatrices. »