Chapitre
Parmi ces conséquences, il y a le fait que les désobéissances sèment leurs semblables : chacune engendre la suivante, si bien qu’il devient difficile au serviteur de s’en détacher et de s’en délivrer. L’un des Salaf disait : « La sanction d’un péché, c’est le péché qui le suit ; la récompense d’une bonne action, c’est la bonne action qui la suit. »
Ainsi, lorsqu’un serviteur accomplit une bonne œuvre, une autre, tout près, l’appelle : « Réalise-moi également. » S’il la réalise, la seconde lui adresse la même requête, et ainsi de suite ; le gain s’accroît alors et les bonnes actions se multiplient. Il en va de même pour les fautes : peu à peu, actes d’obéissance et de désobéissance deviennent des dispositions ancrées, des traits permanents, des habitudes solidement établies.
Que l’homme vertueux suspende l’obéissance, son âme se sentira oppressée, la terre pourtant vaste lui paraîtra exiguë, et il se sentira comme un poisson hors de l’eau, jusqu’à ce qu’il y retourne ; alors son âme se calme et son regard s’apaise.
De même, si le pécheur renonçait au péché pour se tourner vers l’obéissance, son âme se contracterait, sa poitrine se serrerait, toutes les voies lui sembleraient bouchées, jusqu’à ce qu’il y revienne. Tant et si bien que nombre de débauchés se rendent à la faute sans y trouver la moindre jouissance ni éprouver le moindre attrait, sinon par la seule force de l’habitude…