dans le fait que la véritable vie est celle du cœur ; c’est pourquoi Allah, exalté soit-Il, déclare le mécréant mort, dépourvu de vie, comme Il dit : « morts, dépourvus de toute vie » (sourate an-Naḥl, 16 : 21). En vérité, la vie n’est autre que la vie du cœur, et l’âge de l’être humain correspond à la durée de cette vie : son âge, au fond, se limite aux moments qu’il vit avec Allah ; voilà les heures réelles de son existence. La bienfaisance, la piété et l’obéissance accroissent ces instants qui constituent l’essence même de son âge, et il n’a pas d’autre vie que celle-là.
En somme, lorsque le serviteur se détourne d’Allah et se livre aux péchés, les jours de sa vie authentique s’anéantissent ; il en éprouvera l’amère conséquence le jour où il dira : « Hélas ! Si seulement j’avais préparé [des œuvres] pour ma vie ! » (sourate al-Fajr, 89 : 24).
Deux éventualités s’offrent alors à lui : soit il conserve malgré tout quelque aspiration à ses intérêts d’ici-bas et de l’au-delà, soit il n’en a aucune. S’il n’éprouve aucun tel désir, toute sa vie est perdue et son existence s’est consumée en vain. S’il nourrit cette aspiration, la route s’allonge devant lui à cause des obstacles, et les voies du bien lui deviennent ardues, à proportion de son attachement à leurs contraires ; cela représente une véritable diminution de son âge.
Le fond de la question est que la durée de l’homme équivaut au temps de sa vie véritable ; or il n’a de vie que par son retour vers son Seigneur, la douceur de Son amour et de Son rappel, et la préférence accordée à ce qui Le satisfait.