Parmi ces effets, notons que les péchés affaiblissent le cœur comme le corps.
Quant à la faiblesse qu’ils infligent au cœur, elle est manifeste : ils ne cessent de le miner jusqu’à en faire disparaître la vie même.
S’agissant de la faiblesse du corps, le croyant puise sa vigueur dans son cœur (1) ; plus son cœur est ferme, plus son corps est solide. Le dépravé (2), en revanche, fût-il d’apparence robuste, se révèle la créature la plus fragile lorsque survient le besoin ; sa force l’abandonne précisément quand il compte le plus sur elle. Considère la vigueur corporelle des Perses et des Byzantins : elle les trahit au moment même où ils en avaient le plus grand besoin (3), si bien que les gens de la foi les dominèrent par la force conjuguée de leurs cœurs et de leurs corps.
Autre conséquence : la privation de l’obéissance. S’il n’existait pour le péché aucune autre sanction que le fait (4) de détourner son auteur d’un acte d’obéissance qui aurait pu le remplacer, puis de lui barrer la voie vers un second acte, lequel, à son tour, lui ferme (5) l’accès à un troisième, puis à un quatrième, et ainsi de suite, cela suffirait. Le péché lui coupe (6) ainsi l’accès à de nombreuses œuvres d’adoration, chacune d’entre elles (7) valant pour lui mieux que ce monde et tout ce qu’il renferme. Pareil à un homme qui mange un plat et contracte une longue maladie l’empêchant de goûter plusieurs mets plus exquis encore, – qu’Allah soit notre soutien (8).