que le traitement de ce mal s’articule autour de deux voies : la première consiste à tarir sa source avant qu’il n’apparaisse, la seconde à l’extirper lorsqu’il s’est déjà installé.
La première voie, qui empêche l’éclosion du mal, repose sur deux principes. Le premier est de baisser le regard, dont l’auteur énumère plusieurs bienfaits. Le second est d’occuper le cœur par ce qui le préserve de tomber dans le piège de l’amour passionnel (ʿishq) ; il peut s’agir d’une crainte angoissante ou d’un amour impérieux.
Abordant ensuite la question de l’amour, il affirme qu’il est impossible qu’un même cœur rassemble l’amour du Bien-Aimé suprême et la passion pour les formes sensibles : ces deux amours sont opposés et ne se rejoignent jamais. Un amour sincère exige l’unicité de l’aimé. Il précise que la racine du polythéisme réside dans l’association à Allah au niveau de l’amour, passe en revue les degrés de celui-ci et rappelle que l’homme raisonnable préfère la forme la plus élevée de l’amour à la plus basse. Le fondement même du bonheur est donc l’amour exclusif d’Allah et de tout ce qu’Il aime.
Quant à la seconde voie, celle qui arrache la passion après qu’elle s’est installée, il commence par rappeler que le Coran ne mentionne cette maladie qu’à propos de deux catégories de personnes : les sodomites et les femmes. Il détaille ensuite les puissants motifs qui incitaient à la turpitude dans le récit de Joseph, et comment celui-ci – que la paix soit sur lui – préféra la satisfaction et la crainte d’Allah ; mû par son amour pour Lui, il choisit la prison plutôt que de céder aux avances de l’épouse d’al-ʿAzîz.
Il indique encore que la passion pour les apparences se divise en plusieurs formes et qu’elle peut, parfois, constituer une mécréance : tel est le cas de celui qui fait de son bien-aimé un égal qu’il aime autant qu’Allah, voire de certains qui placent l’agrément de l’être aimé au-dessus de celui de leur Seigneur. Il déclare : « Cette passion idolâtre, relevant de la mécréance, ne sera pas pardonnée à son auteur ; telle est, à y bien réfléchir, la situation de la plupart des adorateurs de la beauté. »
Enfin, il expose le remède de ce fléau meurtrier : l’homme doit d’abord reconnaître que l’épreuve qui le touche contredit le tawḥîd (l’unicité), puis multiplier les actes d’adoration, intérieurs et extérieurs, de manière à occuper son cœur.