où le cœur du croyant se liquéfiera comme le sel se dissout dans l’eau. » On demanda : « À cause de quoi (1), ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « À cause des actes répréhensibles qu’il verra sans pouvoir y mettre fin (2). »
L’imâm Aḥmad (3) rapporte encore, d’après Jarîr, que le Prophète ﷺ a dit : « Il n’est point de peuple au sein duquel l’on commette des désobéissances alors que ses membres — plus honorés et plus nombreux que les fauteurs — ne les répriment pas (4), sans qu’Allah ne les frappe d’un châtiment général. »
Et dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî (5), d’après Usâma ibn Zayd, on lit : « On amènera un homme, le Jour de la Résurrection ; on le jettera dans le Feu, ses entrailles s’y répandront, et il tournera avec elles comme l’âne tourne autour de sa meule. Les habitants du Feu se rassembleront alors autour de lui et diront : “Untel, qu’as-tu donc ? N’étais-tu pas celui qui nous ordonnait le bien et nous interdisait le mal ?” Il répondra : “Je vous ordonnais le bien sans le pratiquer moi-même, et je vous interdisais le mal.” »
(1) Le manuscrit S porte : « bim ».
(2) Dans la marge du manuscrit S : « K : le mal réprouvé, qu’il est incapable de repousser ».
(3) Dans *al-Musnad*, vol. 4, p. 364 (no 19230). Également rapporté par Abu Dawud (no 4339), Ibn Majah (no 4009), al-Tayalisi (no 698), al-Tabarani, vol. 2, p. 331-332 (nos 2380-2385), Ibn Hibban (nos 300 et 302), ainsi que par d’autres, selon plusieurs chaînes de transmission : Shu‘ba, Isra’il, Yunus, Ma‘mar, Abu al-Ahwas et d’autres, tous le rapportant d’après Abu Ishaq, d’après Ubayd Allah ibn Jarir, d’après son père Jarir, qui le rapporte ainsi.
Sharik les contredit en le rapportant d’après Abu Ishaq, d’après al-Mundhir ibn Jarir, d’après son père Jarir, qui le rapporte ainsi. Ce récit est également rapporté par Ahmad (no 19192) et al-Tabarani (no 2379).
La version transmise par le groupe est plus vraisemblablement correcte. Ce ḥadith comporte Ubayd Allah ibn Jarir dans sa chaîne de transmission ; Ibn Hibban l’a cité parmi les hommes dignes de confiance, tandis qu’Ibn Hajar l’a qualifié d’« acceptable ». Voir *Tahdhib al-Kamal*, vol. 19, p. 17, et *al-Taqrib*, no 4280. Ce ḥadith possède plusieurs témoignages corroborants, notamment celui d’Abu Bakr mentionné précédemment.
(4) Le manuscrit S porte : « et ils ne le réprouvaient pas ».
(5) La vérification de ses sources a été donnée précédemment, p. 52.