Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Quant à Abû ad-Dardâ’, il avait coutume de dire : « Ce que je redoute le plus pour moi-même, au Jour de la Résurrection, c’est qu’on me lance : “Ô Abû ad-Dardâ’, tu savais ; qu’as-tu donc fait de ce que tu savais ?” » (1)

Il disait encore : « Si vous saviez ce que vous allez rencontrer après la mort, vous ne mangeriez plus par gourmandise, vous ne boiriez plus par désir, vous n’entreriez plus dans une maison pour y chercher l’ombre ; vous sortiriez plutôt sur la terre nue, vous vous frapperiez la poitrine et vous pleureriez sur vous-mêmes. Quant à moi, j’aimerais être un arbre qu’on abat puis qu’on mange. » (2)(3)

Sous les yeux de ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs se dessinaient, à force de larmes, des sillons pareils à des courroies de sandale usée. (4)

Abû Dharr, pour sa part, disait : « Si seulement j’étais un arbre qu’on coupe ! Je voudrais même ne jamais avoir été créé. » (5)

Lorsqu’on voulut lui remettre une allocation, il répondit : « Nous avons une chèvre que nous trayons, quelques ânes pour le transport, un affranchi qui nous sert et un manteau de rechange. Et moi, je redoute le compte à rendre… » (6)

= (5/428) — ou Ibn Shammâs, qui est digne de confiance. Voir al-Jarh wa-l-ta‘dîl (8/261). (1) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (n° 730) et par Abû Nu‘aym dans Hilyat al-awliyâ’ (1/213). (2) L : « mabîtan » (« lieu où passer la nuit »). (3) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (n° 730) et par Abû Nu‘aym dans Hilyat al-awliyâ’ (1/213). (4) Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmad dans les ajouts à al-Zuhd (n° 783), par Ibn Abî ‘Âsim dans al-Âhâd wa-l-mathânî (n° 389), par Ibn Abî Shayba dans al-Musannaf (7/35522) et par Abû Nu‘aym dans Hilyat al-awliyâ’ (1/329). Sa chaîne de transmission est bonne. (5) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (n° 787), avec une interruption dans la chaîne de transmission. Abû Nu‘aym le rapporte également dans Hilyat al-awliyâ’ (1/164), dans une version similaire mais plus longue, avec une chaîne authentique — à condition que ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Laylâ l’ait bien entendu d’Abû Dharr. (6) S : « anaza » (« chèvre »).
وهذا أبو الدرداء كان يقول: إنّ أشدّ ما أخاف على نفسي يوم القيامة أن يقال لي: يا أبا الدرداء قد علمتَ، فكيف عملتَ فيما علمتَ؟ (١) وكان يقول: لو تعلمون ما أنتم لاقون بعد الموت لما أكلتم طعامًا على شهوة، ولا شربتم شرابًا على شهوة، ولا دخلتم بيتًا (٢) تستظِلّون فيه، ولخرجتم إلى الصعيد، تضربون صدوركم، وتبكون على أنفسكم. ولَوددتُ أنّي شجرة تُعضَد ثم تؤكل (٣). وكان عبد الله بن عباس أسفلَ عينَيه مثلُ الشَراك البالي من الدموع (٤). وكان أبو ذرّ يقول: ياليتني كنتُ شجرةً تعضَد، ووددتُ أنّي لم أُخْلَق (٥). وعُرضت عليه النفقة فقال: عندنا عَنْزٌ (٦) نحلبُها، وأحمِرَة ننقل عليها، ومحرَّرٌ يخدمنا، وفضل عباءة. وإنّي أخاف الحسابَ
= (٥/ ٤٢٨) - أو ابن شماس، وهو ثقة. انظر الجرح والتعديل (٨/ ٢٦١). (١) أخرجه أحمد في الزهد (٧٣٠) وأبو نعيم في الحلية (١/ ٢١٣). (٢) ل: "مبيتًا". (٣) أخرجه أحمد في الزهد (٧٣٠) وأبو نعيم في الحلية (١/ ٢١٣). (٤) أخرجه عبد الله بن أحمد في زوائد الزهد (٧٨٣) وابن أبي عاصم في الآحاد والمثاني (٣٨٩) وابن أبي شيبة في المصنف (٧/ ٣٥٥٢٢) وأبو نعيم في الحلية (١/ ٣٢٩). وسنده حسن. (٥) أخرجه أحمد في الزهد (٧٨٧) وفي سنده انقطاع. وأخرجه أبو نعيم في الحلية (١/ ١٦٤) نحوه بأطول منه، وسنده صحيح، إن سمع عبد الرحمن بن أبي ليلى من أبي ذر. (٦) س: "عنزة".

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