Quant à Abû ad-Dardâ’, il avait coutume de dire : « Ce que je redoute le plus pour moi-même, au Jour de la Résurrection, c’est qu’on me lance : “Ô Abû ad-Dardâ’, tu savais ; qu’as-tu donc fait de ce que tu savais ?” » (1)
Il disait encore : « Si vous saviez ce que vous allez rencontrer après la mort, vous ne mangeriez plus par gourmandise, vous ne boiriez plus par désir, vous n’entreriez plus dans une maison pour y chercher l’ombre ; vous sortiriez plutôt sur la terre nue, vous vous frapperiez la poitrine et vous pleureriez sur vous-mêmes. Quant à moi, j’aimerais être un arbre qu’on abat puis qu’on mange. » (2)(3)
Sous les yeux de ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs se dessinaient, à force de larmes, des sillons pareils à des courroies de sandale usée. (4)
Abû Dharr, pour sa part, disait : « Si seulement j’étais un arbre qu’on coupe ! Je voudrais même ne jamais avoir été créé. » (5)
Lorsqu’on voulut lui remettre une allocation, il répondit : « Nous avons une chèvre que nous trayons, quelques ânes pour le transport, un affranchi qui nous sert et un manteau de rechange. Et moi, je redoute le compte à rendre… » (6)