Il dit encore à son fils, alors qu’il était à l’agonie : « Malheur à toi ! Pose ma joue sur la terre ; peut-être que le Miséricordieux me fera grâce. » Puis il répéta : « Malheur à ma mère(1) si je ne suis pas pardonné(2) », à trois reprises, avant de rendre l’âme(3).
Lorsqu’il rencontrait un verset au cours de sa récitation nocturne, il en était comme étouffé(4) ; il demeurait alors confiné chez lui plusieurs jours(5), des gens venant le visiter, croyant qu’il était souffrant(6).
Deux sillons sombres barraient son visage, creusés par les larmes(7).
Ibn ‘Abbâs lui dit un jour : « Par toi, Allah a fondé des cités, par toi Il a ouvert les contrées, et tu as accompli tant d’autres choses. » Il répondit : « Je voudrais seulement être sauvé, sans récompense ni péché(8). »
Quant à ‘Uthmân ibn ‘Affân, chaque fois qu’il se tenait devant une tombe, il se mettait à pleurer…
= l’islam à plusieurs reprises ; voir, par exemple : Minhaj al-Sunna (5/356) et Majmu al-Fatawa (11/12-13).
(1) Dans F : « Malheur à mon père » ; il s’agit probablement d’une déformation.
(2) Dans L : « si jamais Il ne me fait pas miséricorde ».
(3) Rapporté par Abu Dawud dans al-Zuhd (46) et par Ibn Shabba dans Tarikh al-Madina (3/918), par la voie de Juwayriya, d’après Nafi, d’après Ibn Umar, qui en rapporta une version similaire. Il existe une autre chaîne de transmission. Voir Ilal al-Daraqutni (2/8-9).
(4) Dans F : « alors les sanglots l’étranglaient ». Dans S : « ... », les deux premières lettres étant indistinctes.
(5) Dans S : « plusieurs jours à la maison ».
(6) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (627) et Abu Nuaym dans Hilyat al-awliya (1/51). Sa chaîne de transmission comporte une faiblesse.
(7) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (636), Abu Nuaym dans Hilyat al-awliya (1/51), ainsi que d’autres.
(8) Rapporté par Ahmad dans al-Zuhd (697), Abu Nuaym dans Hilyat al-awliya (1/52) et Ibn Shabba dans Tarikh al-Madina (3/915). Sa chaîne de transmission est authentique.