On lui apporta un oiseau ; il l’examina puis déclara : « Aucun gibier n’est pris, aucun arbre n’est abattu, si ce n’est parce qu’ils ont délaissé la glorification (tasbîḥ). »(1)
Lorsque la mort le saisit, il dit à ‘Â’isha : « Ô ma fille, j’ai prélevé – sur les biens des musulmans – ce manteau, cette outre à lait(2) et ce serviteur ; hâte-toi de les rendre à Ibn al-Khattâb. »(3)
Il affirmait encore : « Par Allah, j’aurais aimé être cet arbre que l’on mange puis que l’on coupe ! »(4)(5) Et Qatâda rapporte qu’Abou Bakr dit : « Je souhaiterais être une herbe verdoyante que les bêtes broutent. »(6)
Quant à ‘Umar ibn al-Khattâb, il récita la sourate at-Tûr(7) jusqu’au verset : « Certes, le châtiment de ton Seigneur est inexorable » (52 : 7). Il se mit alors à pleurer ; ses sanglots s’intensifièrent au point qu’il tomba malade et qu’on vint le visiter.(8)(9)
(1) Rapporté par Ahmad dans *al-Zuhd*, no 566.
(2) *Al-hilab* et *al-mihlab* désignent le récipient dans lequel on trait le lait. Voir *Al-Nihaya*, vol. 1, p. 421.
(3) Rapporté par Ahmad dans *al-Zuhd*, no 567.
(4) Le mot « j’étais » est omis dans le manuscrit L.
(5) Rapporté par Ahmad dans *al-Zuhd*, no 580.
(6) Rapporté par Ahmad dans *al-Zuhd*, no 582.
(7) Le manuscrit S porte : « une sourate dans laquelle figure al-Tur ». Le mot « al-Tur » est omis dans le manuscrit L.
(8) Les manuscrits F et Z portent : « il pleura ».
(9) Je n’en ai pas trouvé la source. Toutefois, Ibn Abi al-Dunya rapporte dans *Al-Riqqa wa-l-buka’*, no 100, par la voie d’al-Cha’bi, qu’il entendit Umar ibn al-Khattab lire : « Le châtiment de ton Seigneur va certes se produire ; nul ne pourra le repousser. » Il se mit à pleurer si intensément qu’il finit par tomber, pris de tremblements. On lui demanda ce qui lui arrivait, et il répondit : « Laissez-moi, car j’ai entendu un serment véridique de la part de mon Seigneur. » Je dis : al-Cha’bi n’a pas rencontré Umar ibn al-Khattab. Ce récit présente en outre un caractère réprouvé et n’établit donc pas que les Compagnons s’effondraient, perdaient connaissance ou s’évanouissaient en entendant le Coran. Ces manifestations ne se sont produites que chez les générations postérieures, et elles se sont multipliées chez les tardifs. L’état du Prophète et des Compagnons était plus parfait et plus éminent. Un cheikh a attiré l’attention sur ce point =