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Il est désormais manifeste (1) que la bonne opinion – celle que l’homme nourrit à propos de la miséricorde d’Allah – diffère de l’illusion trompeuse : si cette bonne opinion pousse à l’action, l’encourage et y conduit, elle est valide ; mais si elle incite à l’oisiveté et à l’enlisement dans le péché, elle n’est qu’une duperie.
La bonne opinion n’est autre que l’espérance (rajâ’). Ainsi, celui dont l’espérance est un aiguillon (2) vers l’obéissance et un frein contre la désobéissance possède une espérance authentique. En revanche, celui dont l’oisiveté se camoufle sous le nom d’espérance, et dont l’espérance n’est qu’oisiveté et négligence, celui-là est un homme abusé.
Supposons qu’un homme possède un champ et espère tirer profit de son revenu ; pourtant il le délaisse, ne l’ensemence ni ne le laboure, tout en se persuadant qu’il récoltera autant que celui qui a labouré (3), semé, arrosé et entretenu sa terre : les gens le compteraient parmi les plus insensés des insensés.
De même, s’il se berçait d’illusions et renforçait son espérance (4) d’avoir un enfant sans union conjugale, ou de devenir le plus savant de son époque (5) sans rechercher assidûment le savoir (6) ni y consacrer un effort soutenu, et autres prétentions du même ordre.