et il déclare dans son ouvrage Madârij as-sâlikîn : « Parmi les formes de libéralité propres au savoir, il y a ceci : lorsque celui qui interroge te soumet une question, tu t’attaches à lui fournir une réponse fouillée et pleinement satisfaisante ; ta réponse ne se limite pas au strict nécessaire qui lèverait à peine la contrainte… J’ai vu chez Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya – qu’Allah sanctifie son âme – une chose étonnante à ce propos : lorsqu’on l’interrogeait sur une question de droit, il exposait, dans la mesure du possible, les avis des quatre imams, l’origine de la divergence, l’opinion prépondérante, puis il mentionnait les éléments connexes à la question qui, parfois, s’avéraient plus utiles à l’interrogateur que la question elle-même, si bien que la joie de ce dernier pour ces compléments dépassait celle qu’il éprouvait pour sa propre question… » (1).
Dans un autre passage, il considère ce procédé comme la preuve de la perfection du conseil que le muftî prodigue au demandeur, ainsi que de la plénitude de son savoir et de sa guidance (2).
Il ne fait aucun doute que la réponse à certaines questions secondaires peut être sujette à critique lorsqu’elle s’étend démesurément, se ramifie à l’excès et multiplie les digressions, de sorte que le répondant, chaque fois qu’il s’écarte du but, se voit contraint de revenir à son point de départ ; l’interrogateur s’en irrite alors et le lecteur se lasse. Mais lorsque la question porte sur une affection grave du cœur, comme la passion amoureuse – qui diffère, selon l’auteur, de toutes les autres maladies par sa nature, ses causes et son traitement –, affection dont aucune époque ni aucun lieu n’est exempt, laquelle peut, dans certaines sociétés, en raison de ses nombreux facteurs déclenchants, se propager d’abord parmi les élites avant d’atteindre la masse au point de menacer la communauté tout entière de sombrer dans l’abîme, lorsque, dis-je, la question porte sur une telle maladie qui frise la pandémie meurtrière,
il ne fait aucun doute que la perfection du conseil, de la probité, du savoir et de la clairvoyance juridique du muftî exige que sa réponse soit détaillée et couvre toutes les facettes du sujet. Il ne lui est donc pas loisible d’abréger son propos ou
فقال في كتابه مدارج السالكين: "ومن الجود بالعلم أنّ السائل إذا سألك عن مسألة استقصيت له جوابها جوابًا شافيًا، لا يكون جوابك له بقدر ما تدفع به الضرورة … ولقد شاهدت من شيخ الإِسلام ابن تيمية -قدس الله روحه- في ذلك أمرًا عجيبًا: كان إذا سئل عن مسألة حكمية، ذكر في جوابها مذاهب الأئمة الأربعة إذا قدر، ومأخذ الخلاف وترجيح القول الراجح، وذكر متعلقات المسألة التي ربما تكون أنفع للسائل من مسألته، فيكون فرحه بتلك المتعلقات واللوازم أعظم من فرحه بمسألته … " (١).
وفي موضع آخر جعل ذلك دليلًا على كمال نصح المفتي للسائل وكمال علمه وإرشاده (٢). ولا شك أن الجواب عن بعض المسائل الفرعية قد يكون محلّ انتقاد إذا خرج عن المألوف في الاستطالة
والتشعب وكثرة الاستطراد، مما يضطر المجيب كلّما بعد عن الغرض أن يعود إلى ما بدأ، فيتضجر السائل، ويملّ القارئ، ولكن إذا كان السؤال عن مرض خطير من أمراض القلوب كمرض العشق المخالف لسائر الأمراض في ذاته وأسبابه وعلاجه كما قال المؤلف، وهو مرض لا يخلو منه زمان ولا مكان، ولكنه قد يبلغ في بعض المجتمعات -لكثرة دواعيه- من الفشوّ في الخاصة بعد العامّة مبلغًا ينذر بسقوط المجتمع في الهاوية = إذا كان السؤال عن مثل هذا المرض الذي يكاد يكون وباءً فتّاكًا
فلا ريب أنّ من كمال نصح المفتي وأمانته وعلمه وفقهه أن يكون جوابه مفصّلًا مستوعبًا لجوانب الموضوع. فلا يصحّ له أن يقتضب الكلام أو
(١) مدارج السالكين (٢/ ٢٩٣ - ٢٩٤).
(٢) إعلام الموقعين (٤/ ١٥٨).