Dépouille-toi donc de tout parti pris et dresse-toi pour Allah, en observateur attentif ou en contradicteur loyal, jusqu’à ce qu’il te devienne évident que tout ce qu’ont apporté les messagers de la part d’Allah est la vérité, exempte du moindre doute, et que le Créateur de cet univers, le Seigneur des cieux et de la terre, est infiniment élevé, sanctifié et purifié de tout ce qui contredirait le témoignage de Ses envoyés à Son sujet. Quiconque Lui attribue autre chose L’insulte, Le traite de menteur et renie Sa seigneurie comme Sa royauté.
Il est en effet absolument impossible, pour toute nature saine, d’imaginer que le Roi véritable soit impuissant ou ignorant, qu’Il ne sache rien, n’entende pas (1), ne voie pas, ne parle pas, n’ordonne ni ne proscrive, ne récompense ni ne châtie, n’honore qui Il veut ni n’avilisse (2) qui Il veut, n’envoie pas Ses messagers aux confins de Son royaume et n’accorde aucune attention à l’état de Ses sujets, les laissant plutôt sans direction et livrés à eux-mêmes.
Une telle description porterait atteinte à la majesté du plus humble des rois de ce monde et lui serait indigne ; comment, alors, pourrait-on l’attribuer au Roi, le Vrai, l’Évident ?
Que l’être humain médite donc sur sa propre condition : depuis son origine, lorsqu’il n’était qu’une goutte de sperme (3), jusqu’à l’instant où il parvient à sa pleine stature et à sa parfaite symétrie (4). Il reconnaîtra alors que (5) Celui qui a veillé sur lui avec tant de sollicitude (6), l’a fait passer par tous ces états et l’a façonné à travers ces phases, ne saurait l’abandonner ni le délaisser sans commandement ni interdiction, sans lui faire connaître les droits qu’Il a sur lui, sans le récompenser ni le sanctionner.
Et si le serviteur réfléchissait comme il se doit, tout ce qu’il voit et tout ce qu’il ne voit pas constituerait pour lui une preuve irréfutable.