Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Ainsi, préférer ce comptant à ce paiement différé relève de l’une des plus grandes dupes et de l’ignorance la plus grossière.

Et si (1) telle est la proportion entre la totalité de la vie d’ici-bas et l’au-delà, que représente donc la durée de vie d’un être humain face à l’éternité ? Qu’est donc le plus indiqué pour un esprit raisonnable : privilégier l’immédiat durant ce laps de temps si court et se priver du bien permanent de l’au-delà, ou bien renoncer à une chose infime et dérisoire (2), vouée à disparaître sous peu, afin de recevoir ce dont la valeur est inestimable (3), dont la grandeur dépasse toute mesure (4), dont le nombre est sans fin et dont la durée n’a pas de terme ?

Quant à celui qui rétorque : « Je ne renonce pas à une certitude pour ce qui est douteux (5) », on lui dira : ou bien tu es dans l’incertitude au sujet de la promesse et de la menace d’Allah ainsi que de la véracité de Ses messagers, ou bien tu en es convaincu. Si tu en es convaincu, tu n’auras sacrifié qu’un atome éphémère, appelé à s’anéantir sous peu, pour une réalité absolument certaine, sans doute ni fin. Et si tu es en proie au doute, reporte-toi donc aux signes du Seigneur – exalté soit-Il – qui témoignent de Son existence, de Sa puissance, de Sa volonté et de Son unicité, ainsi que de la véracité de Ses messagers dans tout ce qu’ils ont rapporté à Son sujet (6).

(1) Dans le manuscrit S : « fa-idha » ; dans le manuscrit Z : « wa-in ». (2) Dans les manuscrits F et Z : « petit et méprisable ». (3) C’est-à-dire que sa valeur ne saurait être évaluée, en raison de sa noblesse, de sa préciosité et de son importance. (4) C’est-à-dire qu’il n’a ni équivalent ni pareil. On trouve une formulation comparable dans le hadith d’Usama ibn Zayd : « N’y a-t-il donc personne qui se prépare pour le Paradis ? Car le Paradis n’a pas d’équivalent. » Rapporté par Ibn Maja dans le *Livre de l’ascétisme* (4332). L’auteur écrit dans *Zad al-maad* (4/273) : « Ne troque donc pas le plaisir éternel, qui n’a pas d’équivalent, contre un plaisir d’une heure qui se transformera en souffrances. » Il écrit également dans *al-Madarij* (3/285) : « La vie éternelle et impérissable, qui n’a pas d’équivalent, comparée à cette vie éphémère et périssable, qui n’a aucune valeur. » Toutefois, dans le présent passage, l’expression « qui n’a aucune valeur » est employée au sens de « chose méprisable ». (5) Dans le manuscrit F : « par ce qui est sujet au doute ». (6) Dans les manuscrits S et F : « d’Allah ».
فإيثار هذا النقد على هذه النسيئة من أعظم الغبن وأقبح الجهل. وإذا (١) كان هذا نسبة الدنيا بمجموعها إلى الآخرة، فما مقدار عمر الإنسان بالنسبة إلى الآخرة؟ فأيُّما أولى بالعاقل: إيثارُ العاجل في هذه المدة اليسيرة وحرمانُ الخير الدائم في الآخرة، أم تركُ شيء حقير صغير (٢) منقطع عن قرب ليأخذ ما لا قيمة له (٣)، ولا خطرَ له (٤)، ولا نهاية لعدده، ولا غاية لأمده. وأما قول الآخر: "لا أترك متيقنًا لمشكوك (٥) فيه"، فيقال له: إما أن تكون على شكّ من وعد الله ووعيده وصدق رسله، أو تكون على يقين من ذلك. فإن كنت على يقين، فما تركتَ إلا ذرة عاجلة منقطعة فانية عن قرب، لأمر متيقَّن لا شك فيه ولا انقطاع له. وإن كنتَ على شك، فراجعْ آيات الربّ تعالى الدالّة على وجوده وقدرته ومشيئته ووحدانيته، وصدق رُسُله فيما أخبروا به عنه (٦).
(١) س: "فإذا". ز: "وإن". (٢) ف، ز: "صغير حقير". (٣) أي لا يقدر ثمنه من عزته ونفاسته وعظم قدره. (٤) أي لا عوض عنه ولا نظير له، كما جاء في حديث أسامة بن زيد: "ألا مشمّر للجنة، فإن الجنّة لا خطر لها" رواه ابن ماجه في كتاب الزهد (٤٣٣٢). وقال المصنف في زاد المعاد (٤/ ٢٧٣): "فلا تبع لذة الأبد التي لا خطر لها بلذة ساعة تنقلب آلامًا". وقال في المدارج (٣/ ٢٨٥): "الحياة الدائمة الباقية التي لا خطر لها من هذه الحياة الزائلة الفانية التي لا قيمة لها". ولكن جعل "لا قيمة لها" هنا للشيء الحقير. (٥) ف: "بمشكوك". (٦) س، ف: "عن الله".

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