tandis que les délices de l’au-delà sont incertains ; aussi ne troquerai-je pas la certitude contre le doute(1) !
Il s’agit là d’une des plus redoutables tromperies et suggestions de Satan. Les bêtes muettes sont, à vrai dire, plus sensées que ces gens-là : si un animal pressent qu’une chose peut lui nuire, il n’y avance pas, fût-il frappé ; tandis que l’un d’eux se précipite vers sa propre perte, tiraillé entre croyance et dénégation. De deux choses l’une : s’il croit en Allah, en Son Messager(2), en la Rencontre et en la rétribution, il comptera parmi les plus regretteurs(3), car il aura agi en pleine connaissance de cause ; et s’il ne croit ni en Allah ni en Son Messager(4), qu’il périsse !
Quant à l’adage : « Le comptant vaut mieux que le crédit », on y répond(5) ainsi : si la somme au comptant et la somme différée s’équivalent, le comptant est effectivement préférable ; mais s’ils diffèrent, et que la somme différée soit plus importante(6) et meilleure, alors c’est le différé qui l’emporte. Or l’ensemble de la vie d’ici-bas(7), du début jusqu’à la fin, n’est que l’équivalent d’un seul souffle parmi les souffles de l’au-delà.
C’est ce qu’illustre le hadith rapporté par l’imam Ahmad dans son Musnad et par at-Tirmidhî(8), d’après al-Mustawrid ibn Chaddâd : le Messager d’Allah ﷺ a dit : « La vie d’ici-bas, comparée à l’au-delà, est pareille à l’un de vous qui plonge son doigt dans l’océan ; qu’il voie ensuite ce qu’il en retire. »(9)