Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

L’un des salaf (les pieux prédécesseurs) a dit : « Lorsque tu vois Allah faire se succéder Ses bienfaits sur toi (1) alors que tu persistes dans la désobéissance, prends-y garde ; ce n’est qu’un istidrâj (2) par lequel Il t’attire peu à peu (3). »

Allah, exalté soit-Il, a dit : « Et n’eût été qu’il y eût le risque que les hommes ne forment qu’une seule communauté [d’incrédules], Nous aurions certes assigné à ceux qui nient le Tout-Miséricordieux des toits d’argent à leurs demeures et des escaliers où ils monteraient, ainsi que des portes pour leurs maisons et des divans sur lesquels ils s’étendraient, – et encore des ornements. Tout cela n’est cependant que la jouissance passagère de la vie d’ici-bas, tandis que l’au-delà, auprès de ton Seigneur, est réservé aux pieux. » (sourate al-Zukhruf, 33-35)

Il a, de plus, réfuté ceux qui nourrissent de telles pensées en disant : « Quant à l’homme, lorsque son Seigneur l’éprouve, l’honore et le comble de bienfaits, il dit : “Mon Seigneur m’a honoré.” Mais quand Il l’éprouve en restreignant sa subsistance, il dit : “Mon Seigneur m’a avili.” Point du tout ! » (sourate al-Fajr, 15-17). Autrement dit : ce n’est pas parce que J’accorde à quelqu’un des bienfaits et que J’élargis sa subsistance que Je l’ai forcément honoré, ni parce que J’éprouve un autre et resserre sa subsistance que Je l’ai forcément abaissé. J’éprouve celui-ci par la faveur et J’honore celui-là par l’épreuve.

Le Jâmiʿ de at-Tirmidhî (4) rapporte encore de lui ﷺ : « Allah accorde la vie d’ici-bas à celui qu’Il aime et à celui… »

(1) Dans Z : « Ses bienfaits continuent de se succéder sur toi. » (2) L ajoute : « de Sa part ». Il en va de même dans Kha. (3) Cette parole est attribuée à Abu Hazim al-A'raj. Elle a été rapportée par Ibn Abi al-Dunya dans al-Shukr (31), Abu Nu'aym dans Hilyat al-awliya' (3/244), Ibn 'Asakir dans Tarikh Dimashq (22/64), ainsi que par d'autres (Z). L'auteur l'a également mentionnée dans son ouvrage al-Ruh (p. 545) (S). (4) Je ne l'ai pas retrouvée dans l'édition imprimée. Le hadith a été rapporté par Ahmad, 1/387 (3672), al-Bukhari dans al-Tarikh (4/313), al-Shashi dans son Musnad (877), sous une forme abrégée, al-Hakim, 2/485 (3671), al-Bazzar dans son Musnad (2026), ainsi que par d'autres, par la voie d'Aban ibn Ishaq, d'après al-Sabbah ibn Muhammad, d'après Murra al-Hamdani, d'après Ibn Mas'ud, qui le rapporte. Al-Hakim a dit : « Sa chaîne de transmission est authentique, bien qu'al-Bukhari et Muslim ne l'aient pas rapporté. » Al-Dhahabi ne l'a pas réfuté. Al-Bazzar a dit : « … Quant à al-Sabbah ibn Muhammad, il n'est pas connu. Nous ne l'avons mentionné, malgré le défaut qu'il comporte, que parce que nous n'avons pas… » =
وقال بعض السلف: إذا رأيت الله يتابع نعمَه عليك (١)، وأنت مقيم على معاصيه، فاحذره؛ فإنما هو استدراج (٢) يستدرجك به (٣). وقد قال تعالى: ﴿وَلَوْلَا أَنْ يَكُونَ النَّاسُ أُمَّةً وَاحِدَةً لَجَعَلْنَا لِمَنْ يَكْفُرُ بِالرَّحْمَنِ لِبُيُوتِهِمْ سُقُفًا مِنْ فِضَّةٍ وَمَعَارِجَ عَلَيْهَا يَظْهَرُونَ (٣٣) وَلِبُيُوتِهِمْ أَبْوَابًا وَسُرُرًا عَلَيْهَا يَتَّكِئُونَ (٣٤) وَزُخْرُفًا وَإِنْ كُلُّ ذَلِكَ لَمَّا مَتَاعُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةُ عِنْدَ رَبِّكَ لِلْمُتَّقِينَ (٣٥)﴾ [الزخرف: ٣٣ - ٣٥]. وقد ردّ سبحانه على من يظن هذا الظن بقوله: ﴿فَأَمَّا الْإِنْسَانُ إِذَا مَا ابْتَلَاهُ رَبُّهُ فَأَكْرَمَهُ وَنَعَّمَهُ فَيَقُولُ رَبِّي أَكْرَمَنِ (١٥) وَأَمَّا إِذَا مَا ابْتَلَاهُ فَقَدَرَ عَلَيْهِ رِزْقَهُ فَيَقُولُ رَبِّي أَهَانَنِ (١٦) كَلَّا﴾ [الفجر: ١٥ - ١٧] أي: ليس كلُّ من نعّمتُه ووسّعتُ عليه رزقَه أكون قد أكرمتُه، ولا كلُّ من ابتليتُه وضيّقت عليه رزقه أكون قد أهنتُه. بل أبتلي هذا بالنعمة، وأكرم هذا بالابتلاء. وفي جامع الترمذي (٤) عنه ﷺ: "إنّ الله يعطي الدنيا مَن يُحِبّ ومن
(١) ز: "تتابع عليك نعمه". (٢) زاد في ل: "منه". وكذا في خا. (٣) من قول أبي حازم الأعرج. أخرجه ابن أبي الدنيا في الشكر (٣١) وأبو نعيم في الحلية (٣/ ٢٤٤) وابن عساكر في تاريخ دمشق (٢٢/ ٦٤) وغيرهم (ز). وقد ذكره المؤلف في كتاب الروح (٥٤٥) أيضًا (ص). (٤) لم أقف عليه في المطبوع. والحديث أخرجه أحمد ١/ ٣٨٧ (٣٦٧٢) والبخاري في تاريخه (٤/ ٣١٣) والشاشي في مسنده (٨٧٧) مختصرًا، والحاكم ٢/ ٤٨٥ (٣٦٧١) والبزار في مسنده (٢٠٢٦) وغيرهم، من طريق أبان بن إسحاق عن الصباح بن محمَّد عن مرة الهمداني عن ابن مسعود، فذكره. قال الحاكم: "صحيح الإسناد ولم يخرجاه"، ولم يتعقبه الذهبي. وقال البزار: " … والصباح بن محمَّد فليس بمشهور، وإنما ذكرناه على ما فيه من العلة لأنا لم =

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