qu’ils portent encore sur eux ? Si leur seule réplique : « Nous avons toujours entretenu de bonnes pensées à Ton égard » devait leur valoir la réussite, alors nul oppresseur ni aucun débauché ne serait jamais châtié. Qu’à cela ne tienne : que le serviteur fasse donc ce qu’il veut, qu’il transgresse tous les interdits divins et continue malgré tout de se persuader qu’il garde une bonne opinion d’Allah ; le Feu, pense-t-il, ne le touchera pas ! Gloire à Allah ! Jusqu’où l’illusion peut-elle donc abuser l’homme !
C’est ainsi qu’Ibrâhîm déclara à son peuple : « Est-ce un mensonge — des divinités en dehors d’Allah — que vous désirez ? Alors, quelle idée vous faites-vous du Seigneur des mondes ? » (s. 37, Les Rangées, v. 86-87). Autrement dit : quelle opinion pensez-vous qu’Il aura de vous et que fera-t-Il lorsque vous Le rencontrerez après avoir adoré d’autres que Lui ?
Quiconque médite sérieusement cette question saura que la bonne opinion envers Allah se confond avec la belle action elle-même. En effet, ce qui pousse le serviteur à bien agir, c’est sa conviction que son Seigneur récompensera ses œuvres, l’en gratifiera et les acceptera. Plus son opinion est élevée, plus ses actes se perfectionnent ; inversement, prétendre avoir bonne opinion tout en suivant ses passions n’est qu’impuissance. C’est ce qu’indique le hadith rapporté par at-Tirmidhî et l’Imâm Aḥmad, d’après Shaddâd b. Aws : le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit : « L’homme avisé est celui qui se remet en cause et œuvre pour l’au-delà ; l’impuissant est celui qui suit les désirs de son âme et se berce de vains espoirs… »
عندهم؟ فإن كان ينفعهم قولُهم: "حَسَّنَّا ظنونَنا بك (١) "، لم يعذَّبْ ظالم ولا فاسق (٢). فليصنع العبد ما شاء، وليرتكب كلّ ما نهاه الله عنه، وليحسن ظنّه بالله، فإنّ النار لا تمسّه! فسبحان الله، ما يبلغ الغرور بالعبد!.
وقد قال إبراهيم لقومه: ﴿أَئِفْكًا آلِهَةً دُونَ اللَّهِ تُرِيدُونَ (٨٦) فَمَا ظَنُّكُمْ بِرَبِّ الْعَالَمِينَ (٨٧)﴾ [الصافات: ٨٦ - ٨٧] أي: فما (٣) ظنّكم به أن يفعل بكم إذا لقيتموه، وقد عبدتم غيرَه؟
ومن تأمل هذا الموضع (٤) حقّ التأمل علِمَ أنّ حسنَ الظن بالله هو حسنُ العمل نفسه. فإنّ العبد إنما يحمله على حسن العمل حسنُ ظنّه بربه أن يجازيه على أعماله، ويثيبه عليها، ويتقبّلها منه. فالذي (٥) حمله على العمل حسنُ الظن، وكلّما (٦) حسُن ظنُّه حسُن عملُه، وإلا فحسنُ الظن مع اتباع الهوى عجز، كما في الترمذي والمسند من حديث شدّاد بن أوس عن النبي ﷺ أنّه قال (٧): "الكيّس من دان نفسَه، وعمِل لما بعد الموت. والعاجز من أتبعَ نفسَه هواها، وتمنّى على
(١) خا: "بالله". ز: "حسن … ".
(٢) وقع في ف: "أنك لم تعذب ظالمًا ولا فاسقًا". وهذا مفسد للسياق. وفي ل: "ظنو بانك" وهو تحريف "ظنوننا بك".
(٣) ل، ز: "وما".
(٤) ل: "هذه المواضع".
(٥) ف: "فإن الذي".
(٦) ف، ل: "فلما". خب: "فكلما".
(٧) "أنه قال" انفردت بها ز.