…l’avaient bel et bien cité sous le titre « Le mal et le remède », titre qui figure aussi dans les manuscrits de l’ouvrage, surtout les plus proches de l’époque de l’auteur ; autant d’indices qui consacrent cet intitulé plutôt qu’un autre.
Cela dit, la Bibliothèque des waqfs de Bagdad possède un exemplaire du livre, copié en 1100 H. Sur la page de titre, on lisait : « Ceci est le Livre du remède du mal. » Quelqu’un, d’une autre main, inscrivit au-dessus : « Ceci est le Remède des cœurs. » Puis un troisième lecteur raya la mention précédente et ajouta à côté : « Le Remède des cœurs ». L’ouvrage fut ainsi catalogué par la bibliothèque sous ce titre, dans la section « soufisme », et c’est également ainsi que l’a désigné M. ʿAbd Allâh al-Jabbûrî dans le catalogue de la Bibliothèque des waqfs (1).
Il semble que la première feuille, où figuraient le titre authentique et le nom de l’auteur, ait disparu de l’original. L’un des lecteurs du manuscrit s’est donc appuyé sur les formules de l’auteur que nous avons citées plus haut — par exemple : « Revenons à notre sujet initial, l’exposé du remède du mal » — et a écrit : « Ceci est le Livre du remède du mal », déduction juste et proche du titre véritable. D’autres, craignant qu’un tel intitulé ne laisse croire qu’il s’agit d’un traité de médecine corporelle, ont précisé son objet en notant : « Il s’agit là du remède des cœurs », remarque également fondée. Celui qui a semé la confusion est un troisième intervenant : convaincu que l’expression « Le Remède des cœurs » constituait le titre de l’ouvrage, il l’a consignée en marge après avoir vigoureusement barré les mots qui la précédaient !
Quant à M. ʿAbd Allâh al-Jabbûrî, qui a catalogué ce manuscrit, en a reproduit le début et la fin puis a relevé dans le Muʿjam al-Maṭbūʿāt de Sarkis que le livre avait été publié en…