…d’un groupe de croyants voués à l’unicité, retirés de l’Enfer par l’intercession.
Si l’on s’est laissé abuser à ce point, c’est bien par manque de science et de discernement : en ce passage, le Très-Haut emploie en effet une formule générale et absolue, d’où l’on comprend qu’Il vise les repentants. Dans la sourate « Les Femmes », au contraire, Il restreint et conditionne Son propos : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe des partenaires, mais Il pardonne ce qui est en deçà, à qui Il veut » (4 : 48). Il y déclare donc qu’Il ne pardonne pas l’association et qu’Il pardonne tout péché moindre ; si cela concernait les repentants, Il n’aurait pas distingué entre le polythéisme et le reste.
De la même façon, certains ignorants se laissent prendre à cette parole du Très-Haut : « Ô homme ! Qu’est-ce qui t’a trompé au sujet de ton Seigneur, le Généreux ? » (82 : 6). Ils répondent : « Sa générosité ! » D’autres vont jusqu’à dire qu’Il aurait Lui-même soufflé à l’insouciant son excuse ; c’est là une grave méprise. En réalité, ce qui l’a trompé vis-à-vis de son Seigneur, c’est le Trompeur – le diable –, son âme portée au mal, son ignorance et sa passion.
Le Très-Haut emploie ici le terme « al-Karîm », le Maître auguste et obéi : Il n’est pas permis de se laisser séduire à Son sujet ni de négliger Ses droits. L’insouciant, pourtant, a placé sa confiance là où il ne fallait pas et s’est fié à Celui auprès de qui une telle présomption n’a pas lieu d’être.
De même encore, certains s’abusent à partir de cette parole divine au sujet du Feu : « N’y brûlera que le plus misérable, celui qui dément et tourne le dos » (92 : 15-16), ou de ce verset : « …préparé pour les mécréants » (2 : 24). Ils ne voient pas que l’énoncé : « Je vous ai donc avertis d’un Feu qui flamboie » (92 : 14) vise un Feu…