Section. – La prière en congrégation est une sunna fortement recommandée (1). Il revient au fidèle qui suit l’imam de formuler l’intention de se placer sous sa direction, tandis que l’imam n’a pas à le faire (2). Il est également permis qu’un homme libre prie derrière un esclave, et qu’un adulte se range derrière un adolescent (3).
Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque oublie une prière doit l’accomplir dès qu’il s’en souvient ; il n’existe pas d’autre expiation pour elle. » Puis il récita : « Et accomplis la prière pour te souvenir de Moi » (Ta Ha, 14).
Al-Bukhari (n° 1176) et Muslim (n° 834) rapportent également, d’après Umm Salama : le Prophète ﷺ accomplit deux rak‘as après la prière de ʿasr. Je l’interrogeai à ce sujet et il répondit : « Ô fille d’Abu Umayya, tu m’as demandé les deux rak‘as d’après ʿasr. Des gens de ʿAbd al-Qays sont venus me voir et m’ont détourné des deux rak‘as qui suivent la prière de zuhr ; les voici donc. »
(1) Cela vaut pour les hommes comme pour les femmes, conformément au hadith rapporté par al-Bukhari (n° 619) et Muslim (n° 650) d’après ʿAbd Allah b. ʿUmar : « La prière en groupe surpasse la prière solitaire de vingt-sept degrés. » Le terme al-fadh désigne la personne qui prie seule. Selon l’avis le plus sûr, la prière collective est une obligation communautaire (fard kifaya) pour les hommes résidant dans une localité, afin que son emblème demeure apparent, comme l’indique le hadith transmis par Abu Dawud (n° 547) et authentifié par Ibn Hibban (n° 425) : « Il n’existe pas trois personnes dans un village ou dans le désert qui n’établissent pas la prière en commun — ou, selon une variante : la prière — sans que le démon ne s’empare d’eux », c’est-à-dire qu’il les domine et les détourne.
(2) Cette condition assure la validité du fait de suivre l’imam et permet d’obtenir la récompense de la prière en groupe, conformément au hadith : « Les actes ne valent que par les intentions… »
(3) Il s’agit de l’enfant proche de la puberté, plus précisément du garçon déjà « doué de discernement » (mumayyiz). Al-Bukhari (n° 4051) rapporte en effet qu’Amr b. Salama dirigeait la prière de son clan alors qu’il n’avait que six ou sept ans.
"فصل" وصلاة الجماعة سنة مؤكدة (١) وعلى المأموم أن ينوي الائتمام دون الإمام (٢).
ويجوز أن يأتم الحر بالعبد، والبالغ بالمراهق (٣)
النبي ﷺ قال: (مَنْ نَسيَ صلاة فَليصَل إذا ذَكَرَها، لا كَفارَةَ لها إلا ذلك: " وَأقمِ الصلاةَ لِذكري " / طه: ١٤ /).
وما رواه البخاري (١١٧٦) ومسلم (٨٣٤) عن أم سلمة ﵂: أنه ﷺ صلى ركعتينِ بعدَ العصرِ، فسألتْه عن ذلك فقال: (يا بنتَ أبي أمَيةَ، سألت عن الركعتين بعد العصر، وإنه أتاني ناس منْ عَبْد القَيس، فَشَغَلُوَني عن الركْعَتَينِ اللتًّيْن بعدَ الظهرِ، فَهُمًا هَاتانَ).
(١) للرجال والنساء، لما رواه البخاري (٦١٩) ومسلم (٦٥٠) عن عبد الله بن عمر رضى الله عنهما: أن رسول الله ﷺ قال: (صَلاةُ الجَمَاعَةِ تفْضُلُ صَلاةَ الفَذ بسَبعْ وَعِشْرِينَ درًجَة).
[الفذ: المنفرد].
والأصح أنها فرض كفاية في حق الرجال المقيمين، بحيث يظهر شعارها، لما رواه أبو داود (٥٤٧) وصححه ابن حبان (٤٢٥): (ما من ثَلاثَة في قرْيَة أوْ بَدْو، لا تُقَامُ فيهم الجماعةُ - وفي رواية: الصلاة - إلا اسْتَخْوَذَ عليهِمُ الشَّيْطَان). أي غلبهم واستولى عليهم وحولهم إليه.
(٢) ليصح اقتداؤه ويكون له ثواب الجماعة، عملا بحديث: (إنما الأعمال ... ).
(٣) هو الذي قارب البلوغَ، والمراد به هنا الصبي المميز، لما رواه البخاري (٤٠٥١): أن عَمْرَو بْنَ سلمة ﵁، كان يَؤُم قَوْمَهُ وهو ابنُ ست أو سبعَ سنين.