L’affranchissement prend effet au moyen d’une déclaration explicite ou, pourvu qu’il y ait intention, au moyen d’une expression allusive (1).
Si quelqu’un affranchit une partie d’un esclave, la libération s’étend à l’esclave tout entier. De même, s’il affranchit la part qu’il détient dans un esclave alors qu’il est aisé, l’affranchissement gagne le reste et il doit verser à son copropriétaire la valeur de sa quote-part (2).
Il n’est pas permis d’affranchir un esclave lorsque la personne est placée sous tutelle pour prodigalité ou faillite, car l’affranchissement est un acte de libéralité qui n’est valable que de la part de quelqu’un disposant légalement de cette capacité.
(1) Il s’agit ici de toute formule impliquant la disparition du droit de propriété ou annonçant la rupture du lien, telles que : « Je n’ai plus d’autorité sur toi », « Tu es saʼiba (libérée) », « Je n’exige plus ton service », et autres expressions analogues.
(2) sharkan : part détenue en commun ; maysur : personne aisée possédant la valeur du reste de l’esclave ; sara : s’étendre, se propager. Si l’affranchisseur n’est pas aisé, seule sa part est libérée ; l’esclave est alors laissé libre de travailler pour acquitter la valeur restante auprès des copropriétaires, devenant ainsi entièrement libre.
Fondement de cette règle :
Al-Bukhari (2386), Muslim (1501) et d’autres rapportent d’après Ibn ʿUmar que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui affranchit la part qu’il possède d’un esclave, et qui dispose d’un bien atteignant le prix total de l’esclave, on évalue l’esclave à sa juste valeur ; il verse à ses associés la valeur de leurs parts et l’esclave est entièrement affranchi. Faute de quoi, seule la portion qu’il a affranchie l’est effectivement. »
[valeur juste : sans majoration ni diminution ; leurs parts : la valeur correspondant à leurs quotes-parts ; portion affranchie : la part qu’il a libérée.]
Al-Bukhari (2360), Muslim (1503) et d’autres rapportent encore d’après Abou Hurayra que le Prophète a dit : « Celui qui affranchit une part (shaqis) de son esclave doit en acquitter le solde sur ses biens ; s’il ne possède pas de quoi faire, l’esclave est évalué à sa juste valeur, puis on lui laisse la possibilité de se racheter sans le surcharger. »
[shaqis : une part ; son rachat : le paiement du reste de la valeur afin d’être totalement affranchi.]
ويقع بصريح العتق والكنابة (١) مع النية
وإذا أعتق بعض عبد عتق عليه جميعه وإن أعتق شركا له في عبد وهو موسر سرى العتق إلى باقية وكان عليه قيمة نصيب شريكه (٢).
عليه لسفه أو فلس. لأن العتق تبرع، ولا يصح التبرع إلا ممن كان على هذا الوصف.
(١) وهي هنا: كل لفظ يتضمن زوال المِلك أو ينبىء عن الفرقة، كقوله: لا سلطان لي عليك، أنت سائبة، لا خدمة لي عليكم، ونحو ذلك.
(٢) شركاً: نصيباً مشتركاً. موسر: غني يملك قيمة باقيَ العبد. سرى: تعدى وجاوز. فإن لم يكن المعتق موسراً عتق نصيبه، وتُرِك العبد ليعمل ويكسب قيمة باقيه، ويدفعها إلى الشركاء، فيصبح حراً بالكلية.
والأصل في هذا:
ما رواه البخاري (٢٣٨٦) ومسلم (١٥٠١) وغيرهما، عن ابن عمر ﵄: أن رسول الله ﷺ قال: (مَنْ أعتقَ شِرْكاً له في عَبد، فكانَ له مَال يبلغٌ ثمَنَ العبد، قُومَ الْعَبْد قيمةَ عدل، فَأعطىَ شركاءَه حِصَصَهُمْ وَعَتَقَ عَليْه، وإلا فقد عتق منه ما عتق).
[قيمة عدل: أي لا زيادة فيها ولا نقص. حصصهم: قيمة حصصهم.
ما عتق: أي نصيبه الذيَ أعتقه].
وروى البخاري (٢٣٦٠) ومسلم (١٥٠٣) وغيرهما، عن أبي هريرة ﵁، عن النبي ﷺ قال: (منْ أعْتَقَ شَقِيصاً منْ ممْلوُكِه فعليه خَلاَصُهُ في ماله، فَإنْ لم يكنْ له مالٌ قُوِّمَ المَمْلُوكُ قيمةً عَدْلٍَ، ثم استُسْعِيً غَيرَ مشقوق عليه).
[شقيصاً: نصيباً. خلاصه: أداء قيمة باقية ليتخلصً منَ الرق نهائياً.